PMA sans égalité ou la stérilité non assumée

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Il ne faut pas être étonné que le PMA débarque en France. Après le mariage et l’adoption homosexuels, c’était la suite toute tracée. La prochaine fois, ce sera la GPA. Alexis Escudero a énoncé tous les arguments qu’il fallait dans son livre La reproduction artificielle de l’humain pour critiquer cette Tartuferie. Que les thuriféraires de la GPA commencent d’abord par porter un enfant pour un couple homosexuel ! Idée qu’il faut d’abord s’appliquer à soi !

Étant donné que l’établissement de la société est fondé sur l’hétérosexualité et elle seule, le droit au mariage et à l’adoption pour les homosexuels et les lesbiennes n’est qu’une usurpation, une hétérosexualité de synthèse (comme de confondre un free hug avec la tendresse). Comme si on louchait sur ce qu’on n’a pas par nature, sa frustration légitime, et qu’on revendique en jouant du victimisme et en criant à l’injustice alors qu’il n’y a aucune victime et aucune injustice. Il est impossible de fonder une égalité sur une inégalité biologique entre un couple hétérosexuel et un couple homosexuel. Marie-Josèphe Bonnet (historienne, féministe et écrivain, co-fondatrice des Gouines rouges et du Front homosexuel d’action révolutionnaire (Fhar), le dit sans rougir dans un entretien : « Le mot «discrimination» ici ne convient car on ne peut pas comparer les couples hétérosexuels dont un membre est stérile avec les couples de femmes qui ne le sont pas. Pour parler discrimination il faudrait que les deux situations soient comparables, ce qui n’est pas le cas ici.[1] »Ce qui était auparavant considéré comme bourgeois et réactionnaire est devenu rebelle. L’homosexualité qui allait auparavant contre le droit social est devenue en quelque sorte bourgeoise et réactionnaire. Ce qui était une sexualité singulière, authentique, en dehors des normes, chose que les hétérosexuels enviaient d’une façon ou d’une autre car pour eux, en faisant l’amour l’épée de Damoclès qu’est l’enfant peut toujours leur tomber sur le coin de la binette, est donc devenu un académisme ou un conformisme.

Au fond, nous sommes en train de nous débarrasser de tous nos fantasmes en les faisant passer de force dans la réalité. C’est la mort du sujet. On se construit un monde virtuel parfait et égalitaire pour faire l’impasse sur le monde réel. Le déploiement technologique signifie que lhomme a cessé de croire en son existence propre et qu’il sest déterminé pour une existence virtuelle, un destin par procuration.

Avec la PMA, suite logique donc, il s’agit de retirer une paternité, c’est-à-dire d’éliminer les pères dans l’ordre de la filiation tout en comblant une stérilité non assumée, une intolérable mais logique et naturelle frustration. Il est vrai que nous sommes dans une société qui tente d’abattre tout ordre institué, qui s’est fait spontanément (à moins que Dame Nature se soit grossièrement trompée en faisant qu’un enfant puisse naître uniquement d’un accouplement entre un père et une mère), mais de loucher dessus pour le recréer artificiellement, virtuellement.

Le nom PMA est une escroquerie, non seulement parce que la ministre Marlène Schiappaa a dit que c’était une mesure de justice sociale. Double escroquerie en fait. L’acte médical appelé PMA n’en est pas un. Il n’est pas là pour réparer un corps infertile, ou à aider à ce qu’il fonctionne de nouveau, en somme à le réparer. Non. il est là pour dissoudre toute nature et offrir un enfant à un couple qui ne peut pas en avoir de fait, « justice sociale » qui annihile la dissociation sexuelle, que des hommes et des femmes étaient sur terre non seulement pour qu’ils bavardent ensemble mais pour qu’ils aient, et eux seuls, des enfants. Il n’y a donc aucune injustice, donc aucune justice sociale. La Culture a éliminé toute nature et ira dans ce sens. Seule l’injonction du désir sans limites est ainsi instituée.

Marie-Josèphe Bonnet, toujours elle, dit au passage que le mot PMA est truqué et qu’il faudrait parler d’IAD : insémination artificielle avec donneur (anonyme). Pour elle, c’est l’anonymat est qui problématique : « De quel droit est-ce que je m’autoriserais à priver l’enfant de la connaissance de ses origines ? » La sociologue Nathalie Heinich, personnalité dite de gauche, dans Le Figaro du 15 septembre 2017, va dans ce sens : « Mais ôter à un enfant la moitié de sa généalogie, c’est bien lui enlever quelque chose, et quelque chose de fondamental ! » Elle ajoutait : « Ce qui me semble se profiler derrière la volonté d’autoriser la réalisation du désir individuel d’être parent à tout prix, c’est une forme d’hubris, un fantasme de toute puissance : « J’en ai envie, donc personne ne peut m’en empêcher. » Elle touche au cœur de cette volonté d’égalité qui n’est qu’un fantasme de complétude, d’une toute puissance du petit individu bourgeois afin de boucher la moindre de ses frustrations. Cette volonté qui se cache derrière des désirs de droits (jamais de devoirs) sous des prétextes libertaires, ne cache qu’un désir d’indifférenciation sexuelle et à terme de renverser la nature par la culture, histoire de parvenir au transhumanisme et à la désymbolisation de tout ordre humain. Nathalie Heinich ajoute : « Et, de ce point de vue, le cas des mères célibataires qui veulent à tout prix un enfant me paraît encore plus problématique que celui des couples de lesbiennes : ces dernières, au moins, admettent un tiers entre l’enfant et elles, en la personne d’une compagne, tandis que les mères célibataires, en évacuant le père, évacuent tout tiers qui pourrait interférer dans leur toute-puissance sur l’enfant. La clinique des pathologies psychiques engendrées par ce type de situations est assez connue pour qu’on évite de les fabriquer de toutes pièces. »

Au fond, nous sommes en train de nous débarrasser de tous nos fantasmes en les faisant passer de force dans la réalité. C’est la mort du sujet. On se construit un monde virtuel parfait et égalitaire pour faire l’impasse sur le monde réel. Le déploiement technologique signifie que lhomme a cessé de croire en son existence propre et qu’il sest déterminé pour une existence virtuelle, un destin par procuration.

Avec la PMA, suite logique donc, il s’agit de retirer une paternité, c’est-à-dire d’éliminer les pères dans l’ordre de la filiation tout en comblant une stérilité non assumée, une intolérable, mais logique et naturelle frustration. Il est vrai que nous sommes dans une société qui tente d’abattre tout ordre institué, né spontanément (à moins que Dame Nature se soit grossièrement trompée en faisant qu’un enfant puisse naître uniquement d’un accouplement entre un père et une mère), pour recréer une autre, artificiellement, virtuellement.

Marie-Joseph Bonnet, toujours elle, dit au passage que le mot PMA est truqué et qu’il faudrait parler d’IAD : insémination artificielle avec donneur (anonyme). Pour elle, c’est l’anonymat est qui problématique : « De quel droit est-ce que je m’autoriserais à priver l’enfant de la connaissance de ses origines ? » La sociologue Nathalie Heinich, personnalité dite de gauche, dans Le Figaro du 15 septembre 2017, va dans ce sens : « Mais ôter à un enfant la moitié de sa généalogie, c’est bien lui enlever quelque chose, et quelque chose de fondamental ! » Elle ajoutait : « Ce qui me semble se profiler derrière la volonté d’autoriser la réalisation du désir individuel d’être parent à tout prix, c’est une forme d’hubris, un fantasme de toute puissance : « J’en ai envie, donc personne ne peut m’en empêcher. » Elle touche au cœur de cette volonté d’égalité qui n’est qu’un fantasme de complétude, d’une toute puissance du petit individu bourgeois, afin de boucher la moindre de ses frustrations. Cette volonté qui se cache derrière des désirs de droits (jamais de devoirs) sous des prétextes libertaires, ne cache qu’un désir d’indifférenciation sexuelle et à terme de renverser la nature par la culture, histoire de parvenir au transhumanisme et à la désymbolisation de tout ordre humain. Nathalie Heinich ajoute : « Et, de ce point de vue, le cas des mères célibataires qui veulent à tout prix un enfant me paraît encore plus problématique que celui des couples de lesbiennes : ces dernières, au moins, admettent un tiers entre l’enfant et elles, en la personne d’une compagne, tandis que les mères célibataires, en évacuant le père, évacuent tout tiers qui pourrait interférer dans leur toute-puissance sur l’enfant. La clinique des pathologies psychiques engendrées par ce type de situations est assez connue pour qu’on évite de les fabriquer de toutes pièces. »

C’est bien ce qu’il y a de problématique. La loi n’a pas à normaliser des situations que des individus créent par leurs comportements erratiques. C’est-à-dire qu’elle n’a pas à prendre en compte le fait que des couples ou des personnes seules tentent par divers moyens d’avoir des enfants en outrepassant leurs inégalités biologiques. Il y a là un paradoxe. D’un côté, ces couples ou personnes ne cessent de dénier l’ordre naturel ou biologique comme étant fondateur pour y revenir dans leur désir obsessionnel d’enfant en court-circuitant le même ordre naturel ou biologique. L’art de jouer sur les deux tableaux.

Qu’il existe des couples de même sexe ou des hommes ou des femmes seuls qui parviennent à avoir des enfants d’une façon ou d’une autre, personne n’en doutera. On peut juste se poser la question de leur désir d’enfant tout en retirant à ce dernier ce que l’ordre de la nature ou de la réalité a voulu : que la naissance d’un enfant suppose deux parents, deux altérités, un homme et une femme avec leur singularité, et non deux personnes du même sexe. Retirer d’emblée un père ou une mère à l’éducation d’un enfant, c’est bien privilégier son petit égoïsme, c’est-à-dire le moment fatidique où le nombril a migré et a colonisé le cerveau (surtout à une époque qui fétichise l’enfant, état régressif du capitalisme de nos sociétés dans son infantilisation coutumière). À quand la trottinette pour tous ?

Dans l’ordre des choses, il arrive que des enfants se retrouvent à être élevé par ces couples ou ces personnes, mais il s’agit de cas particuliers, nullement inscrits symboliquement dans la loi. De même, un enfant peut être aussi élevé par deux femmes ou une personne seule si brusquement les deux parents sont morts dans un accident. En aucun cas, une personne seule ou un couple du même sexe peuvent s’octroyer le droit d’avoir un enfant par pur égoïsme rationnel, car évidemment, comme il ne le peut pas biologiquement parlant, il est obligé de contourner ce fait, de ruser pour rejoindre son fantasme de complétude.

À raison, Nathalie Heinich note qu’un enfant élevé par un seul parent, voire même par un couple de même sexe, enlève de fait l’altérité d’un second parent et risque de lui causer des pathologies carabinées. Et l’on entend déjà les défenseurs s’élever en criaillant que les couples hétérosexuels peuvent mal élever des enfants, leur injectant des névroses tout autant carabinées (cas de séparations) et que donnant donnant, la situation est la même. Sauf, faut-il le redire, seuls les couples hétérosexuels peuvent avoir des enfants et qu’ils n’ont jamais eu recours à la loi pour en avoir. Cela roule tout seul, puisque la réalité biologique le leur permet. S’ils les élèvent mal par la suite, il est bien mal venu de leur reprocher et on pourrait en dire autant des couples du même sexe d’autant qu’eux, ils ne peuvent pas en avoir par la voie normale. Il y a déjà dans l’expression couple du même sexe une inexactitude singulière, puisqu’il ne s’agit pas de se mettre seulement à deux, mais de s’accoupler, c’est-à-dire de se mettre à deux pour la reproduction. Chose dont les couples du même sexe sont bien incapables. On peut toujours dire que la réalité est mal faite, mais c’est la réalité. Ils ne leur restent plus qu’à se plaindre à Dieu, au Cosmos ou à Dame nature et de gagner le Super Point Caliméro que le réel n’est pas conforme à leurs revendications égoïstes.

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Nathalie Heinich se contredit pourtant juste après en affirmant : « L’invocation de la nature pour justifier des décisions concernant les humains est absurde : les besoins naturels de l’humanité se limitent à peu de choses, fondamentales certes (respirer, boire et manger, digérer, s’abriter, s’accoupler), mais les besoins sociaux sont tout aussi fondamentaux et autrement plus complexes. Or une « filiation symbolique sexuée » relève des représentations et des institutions sociales, et nullement de la nature : se repérer dans une généalogie, s’identifier à un sexe, sont des opérations qui font intervenir le langage, l’image de soi, le rapport à l’autre, bref, ce qui ressortit à la socialisation. » C’est là où elle a tort car de tout temps, il faut un homme et une femme pour faire un enfant. Il n’existe pas de parenté homosexuelle. Un être humain n’est effectivement pas seulement un être biologique, mais il n’existe pas d’être humain sans sociologisation. Autrement dit sans aucun ordre symbolique. Il s’inscrit d’emblée dans une socioculture, sinon ce n’est pas un être humain. Nature et culture ne sont certainement pas séparées comme elle le croit. Et jusqu’à preuve du contraire, il faut toujours un père et une mère pour donner naissance à un enfant. En somme, puisque s’il devient inutile d’invoquer la nature pour revendiquer des décisions humaines selon elle, il n’est nul besoin de s’indigner que des mères célibataires et des couples homosexuels ou lesbiennes puissent revendiquer la PMA. Voire la GPA. CQFD.

Après le mariage homosexuel, la PMA passera dans la loi avant la GPA. Comme le notait Alexis Escudero, le marché de l’enfant ouvrira grandes ses portes à une dérégulation dans l’ordre de la filiation, aux usines à bébé (où les femmes pauvres seront mises à contribution pour que les femmes riches, seules ou pas, homosexuelles ou hétérosexuelles, puissent avoir leur mouflet sans les désagréments de la grossesse et de l’enfantement), l’installation de l’eugénisme libéral et les banques à gamètes avec toutes les conséquences que cela engendrera, au risque d’ailleurs de déstabiliser les naissances d‘un sexe par rapport à l’autre. Preuve que la Nature savait y faire pour parvenir étrangement à un équilibre de haute volée. C’est dire si dans ce processus d’artificialisation radical qui ne sert à l’évidence que de voie au transhumanisme, l’être humain n’a pas fini de désacraliser et de saboter toute nature pour finir par se nier lui-même.

Après le mariage homosexuel, la PMA passera dans la loi avant la GPA. Comme le notait Alexis Escudero, le marché de l’enfant ouvrira grandes ses portes à une dérégulation dans l’ordre de la filiation, aux usines à bébé (où les femmes pauvres seront mises à contribution pour que les femmes riches, seules ou pas, homosexuelles ou hétérosexuelles, puissent avoir leur mouflet sans les désagréments de la grossesse et de l’enfantement), l’installation de l’eugénisme libéral et les banques à gamètes avec toutes les conséquences que cela engendrera, au risque d’ailleurs de déstabiliser les naissances d‘un sexe par rapport à l’autre. Preuve que la Nature savait y faire pour parvenir étrangement à un équilibre de haute volée. C’est dire si dans ce processus d’artificialisation radical qui ne sert à l’évidence que de voie au transhumanisme, l’être humain n’a pas fini de désacraliser et de saboter toute nature pour finir par se nier lui-même.

L’estomaquant dans cet ordre est de faire croire que refuser un tel « droit » provient des réactionnaires alors qu’il s’agit d’un petit droit égoïste bourgeois, consumériste et que tout ce qui restreint un tel désir illimité provient inévitablement des sectes catholiques ou de réactionnaires d’extrême-droite. Or, l’eurodéputé de gauche José Bové en saisit la substance : « J’ai pris publiquement position contre et je me suis fait cartonner. Je continue d’aborder cette question, comme toutes les autres, sous l’angle de la critique de la technique. La PMA et la GPA, c’est la boite de Pandore : eugénisme, homme augmenté. Avec ça, l’événement de la naissance, qui est un événement biologique, aléatoire, devient organisé et géré dans un objectif très particulier. Ces méthodes créent quelque chose de complètement artificiel et programmé alors que la richesse du vivant est du côté de l’improbable.[2] » À raison, il fait référence au philosophe Jacques Ellul qui sentait des lendemains qui déchantent.

Yann Leloup

[1] http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/07/08/31003-20160708ARTFIG00269–la-pma-n-est-pas-un-marqueur-de-gauche.php

[2] http://revuelimite.fr/jose-bove-faucheur-de-robots

 

Lire aussi : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/01/26/31003-20180126ARTFIG00197-en-tant-qu-homosexuels-il-est-de-notre-devoir-de-prendre-position-contre-la-pma-et-la-gpa.php

 

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