Double jeu et jeu de dupes (hommes et femmes)

Jean-Honoré_Fragonard_009

I/ Situation de l’homme

II/ Situation de la femme

III/ Les hommes et les femmes

IV/ La séduction

IV/ Les sites de séduction

VI/ Ce que l’homme veut

VII/ Ce que la femme veut

VIII/ Le désir

IX/ L’ami

X/ La stratégie des « perdants » 

XI/ Pourquoi les hommes aiment les coucheuses, mais les évitent

XII/ Le mariage

XIII/ La violence

XIV/ La femme libérée

XV/ L’inégalité salariale

XVI/ Résultat des courses

Si l’être humain est un animal à gros cerveau, il n’a jamais perdu sa capacité de faire fructifier ses intérêts égoïstes et territoriaux derrière la façade qu’il exhibe de l’égalité, de la fraternité et de l’amour. C’est bien souvent une stratégie en partie inconsciente d’une petite caste qui reproduit la volonté de base animale de contrôler un territoire et d’en obtenir les gratifications en exploitant les autres à son profit. J’ai toujours aimé mélanger Marx et Darwin pour cela. Car ce qu’on appelle libéralisme ou capitalisme est cette volonté prenant des costumes et des apparats divers et variés à travers des personnalités dominantes souvent en opposition. C’est donc une vision sombre de la nature humaine même s’il y a des exceptions, exceptions de peu de poids face aux fondements anthropologiques de base. Ces exceptions, on les trouve chez des personnes étonnamment rares qui, on ne sait comment, parviennent à échapper à ce destin funeste, et qui sont réellement capables d’une grande bonté. On les remarque au fait qu’ils ne se vengent ou ne vous censurent jamais sans d’ailleurs vous bannir de leur liste d’amis.

Car l’être humain est né avec une particularité étonnante, l’assemblage d’une animalité fondatrice et d’une capacité à imaginer. D’un côté, les deux décuplent cette ambition démesurée, et de l’autre, donnent aux êtres humains cette capacité poétique d’amour, d’empathie et créatrice. Parfois, on les trouve couplés chez les premiers, ce qui rend l’être humain encore plus complexe et ambigu.  C’est la première qui m’intéresse ici.

Il n’y a nul réductionnisme à moins de croire que l’être humain puisse orienter son comportement, comme s’il l’avait choisi, situation aussi absurde que celle d’un adulte qui prétendrait avoir sélectionné ses parents, avoir été élevé selon certaines normes et que la somme de ce qui lui est arrivé a dûment été tamponnée et acceptée par lui. Il n’en est rien. Il est déjà né sans l’avoir voulu, est né homme ou femme, et il n’y pourra rien changer bien qu’il puisse s’imaginer autre que ce qu’il est. Il sort de la nature, a bien été façonné de telle ou telle façons, et il doit se débrouiller avec. Il peut croire au Progrès, chose aussi crédible que quelqu’un qui, bien que conscient de l’inéluctabilité de la mort, dirait qu’il pense qu’il va la surmonter et qu’il faut croire en l’espoir, que l’espoir fait vivre dit-il, et que vivant et espérant, il reste toujours aveugle sans se rendre compte que la mort s’est peu à peu approchée de lui, va l’engloutir alors qu’il pensait la déjouer par cette vue de l’esprit. Le mécanisme de déni est tellement ancré et tellement puissant, aussi coriace que le béton armé, que le réel n’arrive même pas à l’entamer. L’être humain est ancré dans le Temps et il n’y peut rien. Et son vieux fond égoïste et animal, décuplé par la rationalité, lui fait défendre ses avantages au détriment des autres tout en prétendant œuvrer pour le Bien du monde.

I/Situation de l’homme

L’homme est le plus fort physiquement. Si la testostérone et les œstrogènes ne sont pas des hormones spécifiquement masculines et féminines, c’est leur quantité dans l’organisme qui est spécifique : les testicules secrètent en gros 7000 μg de testostérone/jour pour en redistribuer 0,25 % en œstrogènes. Les ovaires secrètent 300 μg de testostérone pour en redistribuer 50% moitié en œstrogènes.  Les hommes produisent près de 20 fois plus d’androgènes que les femmes et les femmes en convertissent 200 fois plus en œstrogènes. La quantité d’œstrogènes est 1000 fois moindre chez les hommes. Dès lors, on constate des différences physiques fondamentales entre les hommes et les femmes : les hommes sont plus grands et plus forts, etc. De fait, les comportements seront différents : les hommes auront des activités à risques pour obtenir des partenaires, ils s’engageront dans d’autres activités mortelles (combat, accidents, travaux), étant plus agressifs que les femmes (testostérone). Enfin, les hommes seront moins difficiles dans le choix des partenaires que les femmes et plus désireux de s’accoupler sans risques.

Copuler ne lui coûte donc pas cher. C’est ce qui le rend si vorace et si entreprenant, si peu responsable. On appelle l’effet Coolidge le fait pour un homme d’avoir un regain d’excitabilité sexuelle à la vue d’une nouvelle jeune femme excitante. Comme l’a démontré le biologiste Robert Trivers en 1972, les hommes ont un investissement parental minimum alors que les femmes ont un investissement parental maximum dans la production d’un enfant. L’investissement parental de l’homme est faible : quelques minutes d’accouplement et peu d’éner­gie pour éjaculer dans le vagin de la femme. La chose est peu risquée pour lui, demandant peu d’efforts. L’anisogamie (mode de production hétérogame) implique qu’un spermatozoïde est bien moins coûteux à produire qu’un ovule (des millions de spermatozoïdes par jour contre un ovule par mois pour les femmes).

Les hommes préfèrent les relations courtes, multipliant leurs chances d’engendrer vu que cela leur est facile et presque sans risques. Ils peuvent produire plus d’enfants par des rencontres sexuelles fréquentes avec des partenaires différentes. Un homme vainqueur d’une compétition sexuelle par son apparence, son statut ou ses ressources a plus de chances de trouver un plus grand nombre de femmes à haut potentiel reproducteur. Dans ces circonstances, les hommes ont évolué de manière à prendre plus de risques que les femmes dans des compétitions sexuelles qui pou­vaient leur permettre d’augmenter le nombre d’enfants. Si l’homme est plus brutal et agressif, c’est lui qui paye le lourd tribut dans les travaux difficiles ou en cas de batailles et de guerres. Il faut ajouter que l’homme est souvent un barbare, un imbécile notoire au point qu’il faudrait une mitraillette à gifles pour lui remettre du plomb dans la caboche. Il est vraiment déplorable, souvent inculte et violent.

II/Situation de la femme

La femme est plus faible physiquement, mais c’est la plus attirante. Le Beau sexe. Son temps est compté. Ce qui est logique puisque c’est elle qui enfante et que l’acte de copulation est plus à risque chez elle (investissement parental maximum). Elle doit attirer le mâle, car même si de nos jours une femme peut s’amuser et copuler, bientôt l’horloge biologique va faire tinter ses grelots et la trentaine dépassée, l’effet d’entonnoir va se faire sentir. C’est elle qui, jeune, choisit son partenaire sexuel la plupart du temps, puisque son pic de fertilité s’établit entre 19 et 31 ans.  Et c’est ce qui attire les hommes sinon pourquoi la nature aurait-elle mis la femme en état d’enfanter ? Et physiquement. Ce n’est pas une vue de l’esprit. L’investissement parental de la femme est donc beaucoup plus conséquent chez elle : elle doit investir beaucoup de temps et d’énergie pour la grossesse, la naissance, l’allaitement, et l’éducation. Et donc qu’un homme l’aide dans ce moment difficile est tout à fait logique.

Les femmes sont plus minutieuses dans le choix du partenaire. Elles font attendre le prétendant pour le tester ou le répudier, préférant les relations durables.  Et il ne semble pas illogique, étant donné leur investissement parental maximum, et après avoir rôti le balai entre leurs jambes dans leur prime jeunesse (phénomène plus prépondérant de nos jours grâce à la contraception), qu’elles préfèrent un mâle dominant qui dispose de certaines caractéristiques et ressources, permettant protection et développement de leur progéniture. Si les femmes rivalisent sexuel­lement, non pour la copulation en soi, c’est surtout entre elles. De plus, l’ovulation cachée des femmes et leur réceptivité sexuelle quasi continue a peut-être été mise en place pour faciliter l’investissement paternel. Le choix féminin fondé sur la santé et la protection a été essentiel pour assurer un plus grand succès reproducteur au long de l’histoire humaine. Le patriarcat n’est pas un « complot » des hommes, mais une nécessité en regard de l’évolution pour que l’espèce survive.

Les femmes n’étaient historiquement pas encouragées à étudier et à travailler même si elles ont toujours travaillé. Ce relatif manque de statut social et économique leur permettait de se satisfaire de la majorité des hommes, qu’elles voyaient comme « supérieurs ». Certains diront « soumises », sauf qu’il faudrait rappeler que la femme enfantait, et que l’homme réalisait les travaux les plus ardus tout en étant tout autant exploité (outre d’aller à la guerre). À moins d’en vouloir à la nature d’avoir fait les choses telles qu’elles sont, je ne vois pas comment les femmes auraient pu se sortir de cette condition.

Biologiquement parlant, une femme n’a pas trop le droit à l’erreur, car sa période de fertilité est courte. Son objectif est de sélectionner et de sécuriser, pour son enfant, le meilleur patrimoine génétique possible. C’est dans son intérêt d’être exclusive et de rigoureusement choisir son partenaire. Sa libido augmente en période d’ovulation pour lui rappeler son rôle de mère. Même de nos jours, une jeune femme (y compris d’un statut élevé) désire un homme d’un rang supérieur à elle (beauté, richesse, statut social). On dit qu’elle est hypergame de nature. Elle est programmée pour chercher le meilleur partenaire possible. Elle veut toujours « mieux ».

Souvent, des féministes clament qu’elles ne se résument pas à n’être qu’un sexe ou qu’à faire des enfants tout en s’assurant fort bien des avantages en nature que la nature leur a fournis. Hypocrisie notoire, car dans ce cas, que l’une d’entre elles d’une classe supérieure épouse un homme d’une classe inférieure (un éboueur par exemple), seulement pour son âme et sa sensibilité. Cela doit exister, mais c’est aussi rare qu’un trèfle à quatre feuilles.

key

III/Les hommes et les femmes

Inévitablement, les hommes et les femmes entrent en interaction souvent avec la constance des autotamponneuses. Ils sont faits pour se rencontrer, pour copuler, se secouer l’un sur l’autre et donner naissance le plus souvent à un ou plusieurs enfants. Si certain(e)s dérogent à la règle, c’est parce que la majorité suit cet instinct. Si brusquement, l’espèce était en voie de disparition, ils se remettraient vite à la tâche.

La réalité physique est imparable, concrète et matérielle : l’homme étant plus fort, c’est lui qui a eu la tâche pendant des milliers d’années de subvenir à sa famille et de la protéger. Inversement, la femme, donnant naissance à des enfants, devait les soigner, les élever et les protéger. Si on confond inégalités et injustices, c’est ainsi que les choses se sont passées depuis nos lointains ancêtres afin que l’espèce humaine se perpétue. C’est tout.

Conséquences : il faut trouver le ou la partenaire. C’est l’homme qui est le plus faible dans l’histoire comme on a dit. Il a moins de choix, alors que la femme jeune a une cour de soupirants prête à lui grimper dessus. Et pour cause, elle a la perpétuation de l’espèce entre ses cuisses. Pour parvenir à son but, l’homme multiplie les avances sexuelles, et la femme attend. On connaît le dicton populaire : « l’homme propose et la femme dispose. » Il ne sort pas de la cuisse de Jupiter, mais de Darwin.

D’après une étude (mais on peut le constater aisément dans la réalité), 71,5% des hommes acceptent de coucher avec une femme qui le leur demande de but en blanc, contre seulement 1,5% des femmes quand cette même proposition sort de la bouche d’un homme. Il faut préciser les femmes jeunes. Rien d’étonnant à cela, même si de temps en temps, des femmes prennent les devants. Est-il surprenant alors que les femmes soient plus agacées par des hommes qui cherchent à obtenir une relation sexuelle trop tôt, ou plus fréquemment, alors que les hommes sont plus irrités par les femmes qui retardent la relation sexuelle ou ne répondent pas à leurs avances ?

S’il n’y avait pas cette différence sexuelle fondamentale, il y aurait presque autant de femmes que d’hommes qui feraient des propositions. Or, ce n’est pas le cas. Si on argue que c’est une construction culturelle, comment celle-ci s’établit-elle sans ces fondations biologiques ?

Il y a trois catégories majeures qui expliquent l’évolution du charme physique et des préférences pour des partenaires attirants : 1) la « sélection sexuelle de bons gènes » où les femmes préfèrent des partenaires attirants parce qu’ils impli­quent des gènes qui contribueront à la naissance d’enfants jouissant d’une survie accrue. 2) Les femmes préfèrent des parte­naires attirants, car le choix de tels partenaires donne à leurs enfants des gènes qui les rendront sexuellement attirants. 3) Si les partenaires physiquement plus attirants sont préférés, c’est parce qu’ils fournissent à leurs partenaires et/ou à leurs enfants davantage de bénéfices matériels (alimentation, protection, meilleurs territoires, absence de contagions).

L’homme est un pressé et un impatient. Son envie se voit comme un nez de clown au milieu de la figure. Si les hommes font les avances sexuelles, ce n’est pas prioritairement pour obtenir du pouvoir sur les femmes, c’est avant tout pour copuler et se reproduire à un moment ou à un autre, assurer la perpétuation de l’espèce. Entre Brigitte Bardot à 20 ans et Brigitte Bardot à 50 ans, laquelle va être importunée ? Les hommes luttent pour avoir accès aux femmes jeunes, centre de leur attraction (que l’on retrouve dans la prostitution, la pornographie, ou le viol).

La notation de la beauté des jeunes femmes par les hommes est liée au WHR (ratio taille-hanches) et aux traits du visage, indicateurs de la fécondité de la femme. Les catégories les plus importantes déter­minant une attirance physique chez les hommes sont l’âge, la symétrie bilatérale et les marqueurs hormonaux (caractéristiques du visage et d’autres régions du corps résultant de l’action des hor­mones sexuelles – androgènes pour les hommes, et œstrogènes pour les femmes). La symétrie est le meilleur marqueur disponible de la qualité génétique et phénotypique d’un individu. La protection physique est la seule composante de l’investissement où les hommes symétriques marquent davan­tage de points. Leur prédominance est manifeste notamment dans la lutte contre les autres hommes.

D’autres études (Wiederman et Allgeier, 1992, et Townsend, 1998) ont constaté que cette préférence ne disparaît pas parmi les femmes économiquement indépendantes, mais augmente. Ce n’est pas une conséquence de la dépendance éco­nomique des femmes vis-à-vis des hommes. Dans la monogamie, l’âge et l’apparence physique d’une femme sont corrélés au statut avantageux de son mari. Chez elles, leur charme érotique est une voie de mobilité sociale ascendante. En revanche, les hommes ne sont pas indexés au statut de leurs femmes. Ils préfèrent des femmes plus attirantes sexuellement. Ceux qui disposaient d’une grande quantité de ressources ont eu une quantité relativement grande d’enfants, puisqu’ils avaient plus de partenaires à haute capacité reproductrice.

L’effort parental sera l’objet d’une compétition intensive entre représentants d’un même sexe. Les mâles rivaliseront avec les autres mâles pour accéder à l’effort parental des femelles, et les femelles rivaliseront avec les autres femelles pour accéder à l’effort parental des mâles. L’action de la sélection sexuelle sur chaque sexe est donc déterminée par l’investis­sement parental relatif des deux sexes. La différence dans le coût minimal de la copulation permet de dire que la sélection a imposé plus d’efforts d’accouplements aux hommes qu’aux femmes.

Sans cette différenciation biologique, les rôles auraient été tout autre, mais comme l’espèce humaine est une espèce biologique, il fallait bien attribuer l’enfantement à l’une des deux sexualités. Il faut toujours le prendre en compte pour décoder les comportements et ne pas se leurrer bêtement ou naïvement par des discours romantico-nunuches. Croire que l’être humain possède une intelligence ou un cerveau, et que, de ce fait, il va pouvoir enrayer la mécanique biologique, voire la contrôler ou la piloter, est une grossière erreur.

ob_c49563_url

IV/La séduction

Kundera a appelé litost notre propre misère soudainement découverte qui ne peut pas se passer d’une pathétique hypocrisie. Mécanisme ressentimental à deux temps qui oblitère sa blessure et sa faille fondatrices pour se parer d’une perfection et d’une imagerie surannée, histoire d’accuser l’autre de tous les maux. Seul un être qui a conscience de sa fracture a au fond une chance de réelle jouissance (mais de se sentir bien seul), car il n’est pas soumis à son désir de complétude tandis que les autres tentent, taraudés par le désir égoïste d’accumulation et de séduire, de repousser désespérément la peur de vieillir et de mourir à laquelle ils ne pourront rien.

La combinaison gagnante « physique avantageux » et « personnalité riche » ouvre toutes les portes à ceux qui sont nés sous une bonne étoile (effet de halo). Preuve en est : la culture de l’apparence est la nouvelle religion. Si elle ne rapportait rien, pourquoi la plupart des gens s’entêteraient-ils à courir après ? Musculation, chirurgie esthétique, mode, produits de luxe ont envahi l’espace urbain. Avoir un physique avantageux paye et change la vie, bien plus que n’importe quel stage de « développement personnel » ou autre « coaching en séduction ». Les beaux ou les belles sont enviés, jalousés. Tout le monde ou presque rêve de faire partie du camp des « vainqueurs », d’avoir un partenaire attirant et des avantages innombrables. Égoïsme de base et territoire.

Mais notre système libéral veut faire rêver. Il faut que tout le monde croie avoir ses chances de réussites et être récompensé à sa juste valeur souvent truquée. C’est bien entendu faux. Seuls ceux qui sont avantagés, bien portants et faisant partie du cercle de la notoriété s’en sortiront à moins de sombrer dans une débauche ou dans des excès qui finalement les tueront. Le système tente donc de masquer les « inégalités naturelles » en nous serinant sans arrêt l’égalité des chances. Mais l’égalité des chances ne veut pas dire l’égalité des résultats.

Cet accent mis sur le look n’est pas d’être seulement charmant, mais est devenu une façade vendeuse. On sait qu’une belle personne a une influence sur autrui (Alfred Mehrabian). À 55%, elle institue par son visage attractif un pouvoir sur vos opinions contre seulement 38% par la voix et 7% par le contenu de ce qu’elle dit réellement. Dès lors, ce look devient prépondérant qui va se répercuter du haut de la pyramide jusque dans ses strates les plus éloignées.

Le laid ou le disgracieux seront impitoyablement battus ou sommés de se mettre à la page s’il ne veut pas être écarté de la course. Notamment aux offres d’emploi. Ce sera la femme qui sera promotionnée à travers cette image dans les mass-médias. Elle rassure par la douceur féminine qui lui est associée, plus garante d’une image apaisante qu’un visage masculin toujours suspect d’un quelconque autoritarisme.

On comprend alors toute la politique qui va être instillée au fur et à mesure après les années d’après-guerre. Ce ne sont pas tant les femmes qui sont visées dans cet objectif que cette imagerie féminine qui est promotionnée à travers la politique et la publicité. Et évidemment pas n’importe quelle femme, la jeune femme décomplexée, la working woman, sans tabous, la gagneuse stylisée jouxtant sa voracité à sa libido. Ce sont d’ailleurs elles qui se plaignent en large majorité des « agressions sexuelles » ou du supposé « harcèlement de rue » et non les femmes disgracieuses ou âgées, faisant le ménage parmi ces hommes « grossiers » qui les abordent (rarement l’inverse), les rabattant sur les plates-formes de rencontres pour engrosser les multinationales (Tinder). Il suffit de jeter un coup d’œil sur les réseaux sociaux pour se rendre compte de la manière dont elles se mettent en valeur avec les pires clichés « sexistes ». Les hommes doivent faire preuve de retenue, mais les femmes peuvent s’exhiber dans des tenues non équivoques, ce qui ne freinera guère la retenue.

Tout un imaginaire libéral est ainsi véhiculé, optimisant son capital santé (le mot capital est capital) dupliqué à toutes les autres catégories (capital sexuel) : sans tabac, faisant du sport, entretenant sa ligne. Et l’État ne se prive pas de promouvoir cette idéologie conformiste à toutes les classes sociales de façon à les aspirer au même logiciel.

Les beaux hommes sont attirés par les belles jeunes femmes et réciproquement. Les hommes qui ont réussi leur vie peuvent toujours viser les jeunes femmes de vingt ans sans problèmes, car elles sont attirées par ces hommes. Quelle jeune femme de vingt ans refuserait un homme de trente ayant une bonne situation, avec une figure peu enviable, mais un style travaillé, physiquement agréable, qui voyage et étant établi financièrement parlant ? 

Le territoire invisible est une personne qui vous fait croire qu’elle n’a pas certains avantages tout en vous demandant d’agir de la même façon qu’elle. Chez les femmes, il consiste en leur séduction. Elles savent que les hommes viennent à elles spontanément comme la limaille de fer est attirée par un aimant. C’est dire que de demander une pondération aux hommes dans leurs avances sexuelles est un leurre, étant donné que les femmes jeunes ont un avantage supérieur dans ce domaine. Si les hommes avaient autant de choix, il n’y aurait pas ou moins de soucis. Les jeunes femmes le savent bien, mais font comme si cela n’existait pas. Territoire invisible. Cette demande de retenue chez les hommes n’est pas pour être élu un jour ou l’autre, mais pour être mieux refusé afin que les jeunes femmes puissent choisir les hommes « dominants ». Il est donc rare qu’une jeune femme opte pour un individu d’une condition sociale inférieure à elle en plus d’être peu attrayant (sauf le « beau gosse »). Qu’un homme de cette condition puisse avoir une sensibilité et de la poésie n’en fera pas un élu primordial contrairement à ce qu’on croit. Ce serait plutôt l’inverse. Un homme peut préférer une femme plus « fine » et moins belle, ce qui lui procurera un charme spécifique étant donné de surcroît qu’il n’a pas accès aux femmes si facilement. Les goûts des femmes sont moins éclectiques que ceux des hommes (qui peuvent aimer les grandes, les petites, les minces, les « filles avec des formes », les blondes, les brunes, etc.)

Ce n’est pas un hasard si les femmes se maquillent et se rendent le plus désirable possible. Évidemment surtout jeunes. Les femmes profitent de plusieurs avantages : fond de teint, talons pour compenser une petite taille, rembourrage et soutien-gorge push-up… Une femme « laide » peut se transformer en « petite bombe » avec les qualités « artistiques » nécessaires. Personne n’y trouve rien à redire, mais si une jeune femme se rend compte que son amant porte des chaussures compensées et est en réalité plus petit qu’elle, c’est le retour à la case célibat et humiliation publique garantie avec jet de tomates. Des milliers d’amis, changement fréquent de photo (duckface + filtre instagram + salle de bain + posture aguicheuse), les réseaux sociaux sont le véritable miroir pour les femmes.

Toutes ces valeurs dites « sociales » ou culturelles ne naissent pas par hasard par rapport aux bases biologiques. Elles les subliment et les renforcent. Preuve que tout n’est pas que nature ou culture.

En rendez-vous, un homme qui ne paie pas portera, ad vitam æternam, la lettre écarlate de radin sur son front (même s’il n’est pas sûr d’être « payé » en retour) puisque tous les précédents auront réglé l’addition avant même que la jeune femme ait pu s’excuser d’avoir oublié son sac Chanel chez elle. Une femme peut de toute façon se permettre de sortir sans un seul euro puisque de gentils inconnus seront toujours là pour payer. Le discours prétendant l’inverse n’est qu’un déni.

Les jeunes femmes n’ont pas la peur du rejet puisqu’elles ne draguent quasiment pas. La séduction féminine se résume à dévisager un homme plus de trois secondes et à remettre ses cheveux en place pour lui faire comprendre qu’il a l’autorisation de venir lui parler. S’il ne veut pas, elle en trouvera un autre rapidement. Pour l’homme, l’occasion ne se représentera pas de sitôt.

Le féminisme associe le fait de désirer de belles jeunes femmes à de la perversité (« il pourrait être son père ! ») alors qu’il ne l’est pas dans l’autre sens (« Elle a eu un bon parti. ») Le féminisme réclame que les femmes soient libres de leur sexe (coucher avec les hommes beaux), mais critique les hommes de quarante ans qui refusent les femmes du même âge ! Elles veulent profiter de leur valeur maximale (belles et jeunes) pour s’amuser, mais tentent d’empêcher les hommes de faire de même puisque cette période correspond justement à leur propre déclin (et leur dernière chance d’avoir des enfants).

La séduction dans cette image policée est un mensonge à l’égal du marketing : donner une apparence séductive n’ayant rien à voir avec la réalité de l’être à l’égal du marketing politique.

La plupart des êtres sont dissimulateurs, essayant de gagner statut et richesse par cette séduction superficielle. Ceux qui sont déjà avantagés par la nature y parviendront. Les autres rêveront jusqu’à ce que leurs rêves s’écroulent sous le poids des années et bien souvent sans qu’une de leurs aspirations n’ait pu se réaliser. Seuls ceux qui démasquent cet esprit parviendront à vivre un amour authentique, c’est-à-dire à rechercher la singularité et la dissonance, et là tous les jeux sont permis en âge comme en physique. Que cela soit court ou long, l’important est de le vivre. Mais on le sait, les êtres humains sont lâches et ont peur de vivre des expériences inédites sans que celles-ci soient mortifères.

Dans notre univers ultra-concurrentiel non seulement sur le marché du travail, mais entre les sexes, et sachant que la répartition hommes-femmes en France est proche du 50/50, la conclusion est simple : 20 à 30% des hommes de 15-30 ans se tapent 70 à 80% des femmes du même âge. Cela veut dire qu’une bonne partie des hommes sont satellisés sur un site pornographique, et qu’un maximum de filles n’auront pas leur beau mâle au moment de se caser (même si elles ont couché avec eux). Cela nous laisse une portion assez conséquente de la population frustrée et seule (ou qui, dans le cas des femmes, le sera prochainement, après que le mâle alpha, comme on dit, lui ait fait comprendre qu’elle n’était qu’un « plan cul »).

Dans tout ce théâtre dérisoire, on peut croiser parfois des femmes tendres et délicates, égarées et indolentes, des femmes si douces au corps de luth, qui savent précisément que l’horloge tourne silencieusement. Elles s’abandonnent gracieusement aux caresses qui, seules, font trébucher la trotteuse qui avance toujours de gauche à droite et jamais de droite à gauche. L’amour est un jardin imparfait. Et il est court, et c’est précisément parce qu’il est court que les quelques moments de pures beautés, de fragrances étourdissantes, sont aussi intenses et inoubliables, mais désespérément tragiques, car destinées à être balayées par l’outrage du temps et le grand bruit du monde. Là réside le mystère infini des êtres, des corps qui s’emboîtent dans une nuit étoilée, corps chauds qui se frottent suavement en attendant de refroidir un jour, et dont on ne sait par quel miracle ils ont réussi à abandonner tous leurs principes et leurs prérogatives instillées par le miroir menteur qui leur sert d’identité quotidienne, pour se couler simplement l’un contre l’autre. Mélancolie des rencontres.

V/Les sites de séduction

Les sites de « séduction » nient toujours l’importance du physique, ce qui leur permet, au passage, de vendre des coachings ou autres relookings à 1500 euros le week-end. Comme si habiller le nigaud ou le laid, le désavantagé de la nature, avec un costard de chez Dior allait changer sa tragique destinée. Il suffit de regarder les hommes qui présentent ce genre de sites. Ils sont assez beaux, présentent bien et eux n’ont pas besoin de séances de coachings, ce pour quoi ils en vendent quand subrepticement, ils ne font pas quelques placements de produits. Ils tiennent un discours anti-féministe tout aussi en vogue parce que c’est devenu un marché. Il suffit de voir ce que vous déboursez en monnaie sonnante et trébuchante à un moment ou à un autre.  Si on est assez intelligent pour se remettre en cause, et pour lire quelques livres, personne n’en a besoin.

VI/Ce que l’homme veut

Il y a l’attirance. Pour un homme, il y a la jeune femme, simulation du paradis, grâce et légèreté qui durent peu, mais qui lui font espérer un sursis avant la vieillesse, d’autant plus tragique pour lui que la femme vieillit deux fois plus vite et qu’elle paraît inaccessible à la fois.

En général, chaque homme veut copuler avec la femme de son choix, mais y arrive rarement, car c’est cette dernière qui choisit. Comme on l’a dit.

Les stratégies vont être différentes entre hommes et femmes (et aussi entre personnes de même sexe). De fait. Étant donné que l’homme veut faire l‘amour avec un maximum de femmes puisque cela lui est facile en théorie mais peu réalisable en pratique, la seule chose qui peut retenir un homme est de trouver une femme « attachante ». Ce qu’on appelle l’amour, mais cela est rare, très rare, très très rare, car le désir décline vite d’autant que l’élue perd de son charme avec le temps et que de nouvelles jeunes femmes vont vite faire leur apparition. Cette perpétuelle quête comble illusoirement son insatisfaction d’avoir accès facilement aux jeunes femmes tout en relançant le rêve du comblement avec l’une d’entre elles.

Le désir d’accumulation devient vite la tentation, mais aboutit à s’user et à combler un « manque » impossible à combler (Eyes Wide Shut de Kubrick). Comme lors de l’adolescence, 20-30 % des hommes couchent avec 70-80 % des femmes. Peu de ces hommes veulent se mettre en couple, car pourquoi s’ennuyer dans une relation s’ils peuvent copuler avec un maximum de jeunes femmes physiquement attrayantes ? C’est le dilemme tragique. En fonction du caractère, la nécessité de trouver un « équilibre » est primordiale. La relation à long terme n’est bénéfique à l’homme que s’il obtient du sexe régulièrement et l’exclusivité de sa partenaire afin d’assurer sa descendance. Pourquoi se mettrait-il en couple sinon ? Alors qu’il pourrait essayer de coucher avec un tas d’autres femmes et ainsi maximiser les chances de se reproduire. La sexualité de l’homme est d’une simplicité enfantine, assez primaire et sommaire.

VII/Ce que la femme veut

Il en va tout autrement de la sexualité féminine, beaucoup plus complexe et erratique.

Les jeunes femmes commencent très tôt de nos jours, de plus en plus tôt, avant même la majorité sexuelle. Elles ont conscience de leur pouvoir d’attraction. Leur sexe a de la valeur, telle une pépite à la place du nombril et elles le savent rapidement. Car quand elles se font observer, draguer, complimenter à longueur de journée par des hommes de tout âge, elles comprennent que le monde ne leur est pas insensible. Cette fascination qu’elles exercent est inéluctablement un moyen de pouvoir.

La seule chose qui compte à cet âge est en grande partie le physique qu’elles entretiennent avec une méticulosité redoutable. Ces belles jeunes femmes veulent de beaux jeunes hommes, les populaires non en classe sociale, mais en popularité, si possible un peu plus vieux qu’elles. D’ailleurs, la notoriété d’un jeune homme au lycée découle en règle générale de son physique, puisqu’elle est déterminée par le nombre de jeunes femmes qui lui tournent autour comme de petits vautours. Mimétisme oblige. La singularité est rarement de ce monde.

Le sexe n’est bénéfique à la femme que si elle obtient une relation à la clef, afin que l’homme la protège ainsi que son enfant, pour maximiser ses chances de survie sur le long terme. Pourquoi coucherait-elle sans rien en retour en risquant de se retrouver seule le temps de la grossesse et pour élever son enfant ? Une femme qui couche avec un homme qui ne rappelle jamais se sent trahie. Pourtant cet homme n’a violé personne, le sexe était consenti. Oui, mais le contrat implicite est que la femme qui offre son sexe à l’homme doit obtenir une relation à long terme avec lui. Une grande majorité de femmes de cet âge se partage une poignée de « bad boys » en espérant en attirer un et le modeler à sa guise pour le conformer à son idéal suranné téléguidé par la mode et l’idéologie publicitaire en vigueur.

Les années où la jeune femme a le plus de valeur sont celles de sa beauté et de son attractivité. La vérité blesse, mais ne trahit pas. Adulte, ayant un corps formé et voluptueux, ne vivant souvent plus chez ses parents, si tant est qu’elle soit un peu attirante, sa valeur explose à la bourse. D’où sa fascination narcissique devant les vitrines des magasins, feuilletant les revues féminines, ou posant sur Facebook et Instagram qui ne cessent de refléter l’imagerie à laquelle elle doit se conformer.

La seule « beauté » est ce que dit Balzac : « Ce mot contient le secret de toutes les femmes : elles sont héroïques alors qu’elles ont la certitude d’être tout pour un homme grand et irréprochable. » C’est rare, car la prédominance de leur attraction les rend souvent prétentieuses, pensant que le monde leur doit tout ou doit tourner autour d’elles. Complimentées à longueur de journée, mises sur un piédestal par la gent masculine de tout âge, leurs opportunités sont infinies (sociales, amicales, amoureuses, professionnelles, etc.) Une belle jeune femme attire, fait rêver, et fait vendre. Balzac disait encore : « Toute femme a sa fortune entre ses jambes. » Tout le monde veut d’elle. Les filles naïves de cet âge pensent que le monde est un bel endroit, qu’il est facile de se faire des amis, que tout le monde se fait draguer, que les gens sont naturellement gentils, bienveillants et prêts à donner un coup de main. Non, c’est juste parce qu’elle est « bonne ».

Il y a bien sûr d’autres composantes :  renforcer leur confiance en elles en attirant l’attention d’autres hommes ; renforcer l’attachement de leur compagnon en lui montrant à quel point elles sont désirables et avec quelle facilité elles pourraient le remplacer ; enfin tester la force du lien affectif : si l’homme reste indifférent, elles comprennent qu’il est peu engagé. Elles sont souvent attirées par les hommes plus vieux, de quelques années, car elles comprennent que les jeunes hommes de leur âge n’ont guère de valeurs (étudiants comme elles, peu d’argent, culture limitée, statut social peu élevé, etc.).

La relation recherchée passe du court au moyen/long terme. Les CDD (mission d’une nuit), pourtant satisfaisants sexuellement deviennent moins fréquents, car la jeune femme sait que c’est le moment de chercher « un homme plus stable ». Elle cherche donc un CDD toujours assez excitant, mais avec possibilité de CDI à la clef. Il faut donc un homme avec des qualités d’alpha (continuer à faire rêver), mais avec tout de même une part de beta (envisager une relation à long terme).

Le comportement qui plaît aux femmes n’a rien de sorcier. Les femmes aiment sortir, se montrer, voir du monde, alors que beaucoup d’hommes peuvent se contenter de rester tranquillement chez eux. Elles sont attirées par les extravertis et aiment les hommes qui prennent des initiatives ou qui prennent des risques. Il vaut donc mieux entreprendre quitte à se tromper que de ne rien faire. Une fille peut dire non si quelque chose ne lui plaît pas, mais ne pourra jamais pleinement exprimer une envie sous peine de ruiner la magie de la spontanéité. Un homme doit donc deviner ses attentes.

Pendant sa période d’ovulation (période d’environ six jours où elle est féconde, normalement quatorze jours après la fin des règles), une femme va : être beaucoup plus attirée par les hommes masculins (présentant de bons gènes) : mâchoire carrée, voix grave, odeurs corporelles (phéromones), musculature (le mâle alpha) ; être plus susceptible de tromper son conjoint si elle le perçoit comme un mâle beta et si elle a l’opportunité de le faire avec un mâle alpha; être beaucoup plus critique envers son homme (si beta) en le qualifiant de jaloux, et en lui reprochant de redoubler d’efforts et de gentillesses pour qu’elle reste (d’où l’importance de ne jamais paraître acquis à ses yeux).

Les femmes se trouvent donc constamment confrontées au dilemme sur le choix d’un homme pour tenter de répondre au mieux à leurs désirs. Le meilleur partenaire (le plus recherché) est bien évidemment la rare combinaison des deux, soit le beau gosse masculin, excitant et suffisamment stable pour envisager des perspectives à long terme. Certaines tenteront tout de même de se mettre avec un homme « gentil », c’est-à-dire sexuellement peu attirant en espérant qu’il se virilise.

ob_c49563_url

VIII/Le désir

C’est là où tout se complique. Tout joue sur la représentation de soi de façon à créer du mimétisme.

Les jeunes femmes sont attirées par les hommes forts et indépendants, rarement l’inverse. Si les deux sexes avaient les mêmes goûts et attentes, aucune relation ne marcherait. Les relations sont asymétriques et non égalitaires. 

Compte tenu de la physiologie féminine, la jeune femme en fonction de sa beauté est en général instable. Si elle peut avoir des coups de cœur, elle revient rapidement à l’incertitude, car elle n’est jamais sûre d’avoir fait le bon choix, obéissant à ses impulsions qui peuvent se révéler fausses, voire même la « détruire ». Car bien souvent, la jeune femme agit par narcissisme si elle a été élevée socialement dans un milieu qui lui a passé tous ses caprices. Consciente de sa valeur séductive, elle opte généralement pour un parti au moins de la même valeur qu’elle. Si l’on ajoute à cela le facteur temps et la possibilité de tomber enceinte un jour ou l’autre, son choix n’est pas du tout le même que l’homme. Elle a un large éventail, et préfère une relation plus durable alors que l’homme a moins de possibilités et se lasse plus vite.

Le bel homme peut se permettre d’être un « salaud », car les femmes sont, quoi qu’il arrive, physiquement attirées par lui et espèrent qu’il va s’assagir pour elles. Plus vous êtes beau et plus vous pouvez vous permettre de mal vous comporter. Plus vous êtes laid et moins vos écarts seront tolérés.

Quand un homme montre qu’il est trop amoureux, la femme angoisse et perd son désir. Car être amoureux accentue la pression qui oblige de « rendre » de l’amour sous peine de décevoir. L’homme aimerait pouvoir se confier à leur femme, mais à chaque déclaration de faiblesse, même si elle ne l’avouera jamais, elle perd du désir pour lui. Son statut passe progressivement d’amant à ami surtout s’il est à l’écoute et trop « gentil ». C’est le « paradoxe », situation qui contredit les discours féminins ou féministes. Dans les sentiments, rationaliser et s’offrir sur un plateau comme un rôti tout cuit fait baisser drastiquement l’attrait ou la libido.

Un homme doit être « dominant », non pas en étant spécialement brutal (ce qui pour certaines a du charme), mais en créant du manque (une certaine inaccessibilité), une sorte d’autonomie quelconque qui fait « courir » la jeune femme, dans le sens où celle-ci tente vainement de se mettre au diapason et non l’inverse. Surtout d’ailleurs si l’homme est plus sentimental ou passionné. Ou alors, il est tombé sur la perle rare. Ce manque ou cette asymétrie est l’élément de cohésion du couple. On court après ce que l’on n’a pas, car dès que l’on a ce que l‘on a, hélas, on le délaisse. On peut se demander dans ce cas où se trouve l’amour ? C’est ainsi, mais souvent constatable. Un homme doit être dominant, avoir une part d’ombre, malgré tous les discours de culpabilisation qui tentent de gommer cette « domination ». D’ailleurs, si l’homme ne l’est pas un peu, la jeune femme se lasse. Et on le sait par expérience, plus une femme court pour rester avec un homme sans que celui-ci ne se laisse réellement attraper, plus elle en devient mordue.

Les hommes peuvent aimer une jeune femme de façon inconditionnelle, car leur attachement est profond en fonction de leur investissement et de leurs efforts fournis, mais là aussi, l’insatisfaction guette de la même manière d’autant que d’autres jeunes femmes, jalouses de les voir en couple, tentent de chiper la place à l’élue. Surtout que la facilité qu’il possède à la copulation et à être excité par une femme désirable n’arrange pas les choses.

Ce n’est pas le désir qui comble le manque, c’est le désir qui naît du manque.

C’est la nature complexe et ambiguë du désir, et partant de là de l’inadéquation du sujet et de l’objet. Si le désir était réellement en phase avec son objet, tout irait bien. Or, après les premières semaines de passion, cette adéquation se désynchronise. Il suffit de voir une femme aux bras d’un ami pour la désirer alors qu’elle pouvait nous laisser indifférente. Il y a là sans doute un « manque » fondateur dans le désir du fait que l’individu n’est jamais satisfait. Et s’il l’était, il s’ennuierait. Il veut donc souvent soit ce qu’il n’a pas, soit la chose qui est en possession de quelqu’un d’autre. C’est le désir mimétique analysé par René Girard.

Un homme qui a copulé avec beaucoup de femmes a une valeur forte. Après tout, si ces femmes veulent mettre le grappin dessus, c’est que son patrimoine génétique ou sa valeur doit être intéressant. Voilà pourquoi les femmes sont aussi généralement des suiveuses. Car la valeur de quelque chose est déterminée par les yeux des autres, en général leurs congénères. Mimétisme. Ce que corrobore la phrase de Kundera : « Les femmes ne veulent pas d’un bel homme, mais un homme qui a eu de belles femmes. » Un bel homme n’aura aucun mal à conquérir. Un homme banal, mais connu, deviendra légitime (Woody Allen ou Serge Gainsbourg). C’est le paradoxe apparent. Le point important est qu’un homme soit entouré, beau ou pas et les deux se recoupent. D’où le fait que les hommes plutôt quelconques veulent devenir célèbres alors qu’un homme plutôt beau y parviendra par sa seule beauté.

Même si les jeunes femmes savent que ces hommes « dominants » ne voudront pas forcément d’elles (car pouvant faire mieux), elles rêvent de ce type, d’autant que les hommes inaccessibles attirent les jeunes femmes qui se comportent comme elles dans la stratégie du choix. Ils ont le choix, alors que les femmes l’ont naturellement, enfin jeunes.

Les belles jeunes femmes sont, quels que soient leur vécu et leur âge, attirées par les narcissiques (qui se ressemble s’assemble). L’homme égocentrique vit pour lui-même, est souvent actif et a généralement de l’ambition. La femme adore ce type d’homme et espère qu’il va l’inclure, elle et uniquement elle, dans son projet de vie. La pire erreur est que l’homme arrête ses passions dès qu’il est en couple. Il sera souvent puni par sa femme qui le plaquera après quelques mois de relation.

Si une jeune femme accepte une invitation chez un homme en tête-à-tête, ce n’est pas pour lire du Kant en allemand ou alors c’est pour le faire tourner en bourrique. Si elle dit : « Non, mais je suis venue en amie, on n’est pas obligés de se sauter dessus » ou « Non, pour qui me prends-tu ? », elle profite de son avantage séducteur pour différentes raisons : faire attendre, avoir l’avantage du choix, humilier, s’entourer d’une cour de soupirants qui la gratifient narcissiquement (hystérie), montrant ainsi qu’elle est encore désirable tandis qu’elle se fera humiliée par un bel homme qui la fait attendre. La femme est lâche, car en ayant trouvé un meilleur remplaçant, elle reniera une ancienne relation qu’elle avait pourtant ardemment désirée. Elle lui offrira gracieusement la case ami. Un homme est lâche, car il trompe sa femme avec une autre tout en voulant préserver la première.

Il faut le savoir : la faiblesse de la femme est son propre sexe. Émotive, elle aime perdre la tête en faisant l’amour, ce pour quoi ayant l’avantage du choix, elle retarde le moment ou tarde à succomber. Il faut donc la « prendre », mais de plus en plus, l’accusation d’agression sexuelle pend au nez. Il faut donc « prendre » en douceur. Quelle femme résisterait à un suave baiser ? Ce dont elle a envie est ce qu’elle redoute le plus, d’où le double jeu qui s’ensuit souvent, surtout si l’homme n’est pas un choix prioritaire.

Il reste que si les hommes sont lourds et pénibles, cherchant à copuler un peu n’importe comment, voire à être violents ou si peu délicats étant donné qu’ils n’ont guère le choix généralement et que si les jeunes et belles femmes manipulent par leur charme et leurs attraits physiques, étant donné qu’elles ont le choix, il reste que certaines femmes moins belles n’en restent pas moins « touchantes ». Je ne parle pas des « coucheuses », des « transgressives » avec piercings et accrocs à la drogue, mais de ces femmes simples, souvent populaires et naturelles qui savent donner sans un arrière-fond égoïste. Ce sont les plus bouleversantes, devenant rares vu la promotion marketing de l’apparence à laquelle elles ont miraculeusement échappée et il serait malséant de les abîmer ou de les piétiner par ressentiment. C’est sans doute là que la poésie amoureuse trouvera son nid aussi court soit-il. Et il y a la perle rare, par exemple, Lady Lyndon dans le film Barry Lyndon (1976) de Stanley Kubrick ou Balzac dans La Femme abandonnée.

IX/L’ami

Par définition, la friendzone est la situation où une jeune femme considère l’homme comme un ami alors que celui-ci est intéressé par plus. Dans cette stratégie, l’erreur est de faire ami-amie, alors qu’il faut faire l’inverse, même si vous n’avez pas de prétention sociale élevée. Dans ce cas, il faut créer une fausse image, une devanture. Malgré la laideur, le charisme, la passion peuvent faire illusion. Montrer d’une façon ou d’une autre que cet homme a facilement des femmes, qu’il ne court pas après. Être en quelque sorte « inaccessible ». L’âge venant cachera la laideur en donnant de l’assurance. Pour les hommes fort laids et sans bagout, là ça devient difficile. En tout cas, la pire des choses à faire est de geindre et de montrer que l’on n’est pas beau pour susciter la pitié. Cela demande de l’ascèse.

X/La stratégie des « perdants »

Les hommes qui ne parviennent pas à séduire les jeunes femmes étant donné que ce sont elles qui ont le privilège aristocratique du choix tentent de s’adapter et de se « féminiser », comme le lion amoureux de La Fontaine à qui on a limé toutes les griffes. Ils prennent la défense haut et fort des féministes, le deviennent eux-mêmes, se donnant une belle et bonne image, de surcroît publiquement et idéologiquement, et pensent ainsi se rapprocher doucettement des femmes pour en conquérir davantage. Stratégie perdante s’il en est car en prétendant « défendre » les femmes comme si elles étaient toutes derrière lui et étaient d’accord d’un seul bloc, ce n’est pas la méthode préconisée par les belles jeunes femmes. Ce qu’ils oublient de constater.

Cet homme beta (à tous les sens du terme, voire le nigaud) incapable d’attirer de jeunes femmes a une valeur faible. Celles-ci l’ont jugé comme ayant un mauvais patrimoine génétique et un caractère chétif. Comme en tout, l’imagerie fait que les gens s’imitent et imitent l’aura de cette personne. Le puceau est pitoyable aux yeux d’une femme. Cependant, s’il parvient par le grand hasard à se mettre en couple, voire se marier, la mode s’inverse quelque peu, il devient attirant auprès de femmes qui le répudiaient précédemment.

Le destin d’un homme banal est d’être frustré toute sa vie par manque de femmes. Il devient donc un perdant aigri (le misogyne), ou soumis à la moindre possibilité de coucher (l’homme gentil). Puis finalement, il obtiendra à ses trente ans, une femme indésirable pour le prix fort, en déclin, avec un lourd bagage émotionnel et peut être même des petits bâtards de ses précédentes aventures. Et ce gentil homme, ayant fait des études, travailleur, va payer pour tous les hommes qui auront couché avec sa femme gratuitement avant. Ce perdant se dira tout de même qu’il a eu de la chance de trouver une femme après tant d’années de misère sexuelle. Donc il acceptera tout.

La mère célibataire avec enfant perd toute valeur auprès des hommes dominants. Aussi attrayante soit-elle, rarement un homme aura envie de jouer le rôle de second couteau et d’élever le mouflet d’un autre. Ou la trentaine dépassée, elle finira par se caser avec un mec qu’elle méprise, entre urgence et désir maternel. L’amour sera inexistant, mais simulé du début à la fin. Leur enfant devenu autonome et demandant moins de travail, elle finira par divorcer. Elle sait qu’elle n’a plus de valeur et ne peut plus se permettre d’être exigeante. Mais cet éphémère jardin d’Eden va rapidement prendre une tournure infernale. La bonne poire ne verra bientôt plus la couleur de l’abricot. Il ne pourra jamais construire quoi que ce soit avec elle puisqu’il n’a, en aucun cas, été sa priorité. Son mouflet passera toujours avant lui. Dans le cas de figure où c’est papa qui l’a quitté, il sera n°4 derrière le Père, le Fils, et le Saint-Esprit (elle-même). Si elle a un chat ou un chien, il sera le n°5, mais pas de chez Chanel. Si la femme est une bonne manipulatrice, elle dira à l’homme qu’elle ne cherche pas de second père. Le déni. Elle utilisera toutes les escroqueries émotionnelles possibles pour qu’il se sente impliqué. Le laisser seul avec son mouflet quelques instants, faire en sorte qu’il l’appelle « papa » par erreur, etc. Bref, attirer sa proie dans le piège à loups.

ob_c49563_url

XI/Pourquoi les hommes aiment les coucheuses, mais les évitent

Il y a la prostituée, marquée socialement, et la « pute », plus gentiment, la jeune femme qui couche assez facilement. Si on la qualifie de « pute » en référence à la prostituée, ce n’est pas par hasard. C’est que cette jeune femme est trop « facile ». On dit une femme facile et non un homme facile car tous les hommes le sont. Les hommes ont donc tendance à amplifier leurs conquêtes alors que les femmes tentent de dissimuler leur passé sexuel. À l’époque, une femme qui ne se mariait pas ou qui divorçait était vue comme une « salope », car si elle n’était pas exclusive à un homme, elle couchait forcément avec plusieurs. La société la méprisait, c’était la honte de la famille. Maintenant on dit que c’est une femme « libérée ».

Les femmes se plaignent d’être traitées de « putes » si elles couchent souvent. Une femme qui couche avec beaucoup d’hommes a une « faible » valeur, car cela signifie, sur le plan de l’évolution, qu’elle est incapable de juger la valeur génétique d’un homme, et surtout inapte à assurer que l’enfant sera bien le sien. La « salope » dévalorise ce qu’elle a de plus cher et qui lui sert de monnaie d’échange : son sexe. Ce sont souvent les autres femmes qui la qualifient de « salope », car elle fait baisser la valeur de toutes ses consœurs. Cela réduit le nombre d’hommes prêts à se mettre en couple.  L’homme doit avoir des garanties sur sa progéniture pour accepter de partager ses ressources. Et une femme qui couche souvent sera plus prompte à laisser tomber un homme pour un autre si elle est jeune et attirante. Une femme qui se laisse prendre facilement peut se laisser prendre par un autre tout aussi facilement. Si la femme devient très accessible, l’homme n’a plus aucune confiance dans sa capacité à résister d’autant que les femmes sont moins accessibles que les hommes et font un choix drastique concernant le partenaire. La jeune femme facile satisfait donc la possibilité à l’homme de coucher sans problèmes, mais ruine ses potentialités sur le long terme quand elle va prendre de l’âge. Il faut aussi distinguer la « coucheuse » de la libertine, de celle qui couche par addiction de celle qui couche par volupté.

Comme le dicton l’indique, une clef qui ouvre plusieurs serrures est une super clef. Une serrure qui se fait ouvrir par plusieurs clefs est une serrure de merde.

En ce qui concerne la putain, les hommes sont « ravis » de coucher avec elle, mais n’en veulent pas comme femme. La prostituée marque bien encore la différence sexuelle. Si elles sont ultra-majoritaires, c’est bien parce que là, les hommes peuvent avoir du sexe sans demander, mais à condition de payer. Là, ils sont sûrs d’en avoir. Mais il est impossible de se marier avec une prostituée pour assurer sa descendance. Dilemme de l’homme. Avec la prostituée, l’homme peut avoir du sexe aisément, comme lui au fond vu qu’il se donne aisément et que cela lui est facile. Pour la femme « sérieuse », l’homme est un peu l’équivalent inverse de la prostituée sans être ouvertement dénommée comme telle.

Une femme qui a peu de partenaires sexuels a une forte valeur, car cela signifie que l’homme qui couchera avec elle sera assuré que son enfant sera le sien. L’hymen n’est certainement pas non plus là par hasard, c’est la nature qui offre une garantie à l’homme que la femme qu’il choisit est « pure ». Celle que l’homme peut aimer et surtout celle avec qui il acceptera de partager ses ressources. Les femmes étant naturellement beaucoup plus vulnérables aux MST et autres infections, limiter son nombre de partenaires ne peut être que bénéfique.

Des chercheurs ont étudié l’impact du passé sexuel sur la vie d’une femme sur un panel de 10 000 femmes mariées. Le résultat est sans appel : il y a une corrélation claire entre passé sexuel lourd et conséquences négatives. Une femme n’ayant connu qu’un partenaire (celui avec qui elle est) a 80% de chances d’être dans une relation stable depuis au moins 5 ans, alors qu’une femme ayant eu plus de 20 partenaires n’a que 20% de chances d’être dans une relation stable de 5 ans ou plus. Une femme qui a eu beaucoup de partenaires (et accessoirement, dont la vie sexuelle a débuté tôt), a plus de chances[1] : d’avoir attrapé des maladies sexuellement transmissibles, de finir mère célibataire, d’être pauvre, d’avorter, d’être globalement moins heureuse (et plus sujette à la dépression), de ne pas pouvoir supporter la monogamie.

D’où le côté aberrant de voir des groupuscules faire accéder la prostituée à des droits. Prostituée est le mot exact, même étymologiquement parlant. Avec « travailleuses du sexe », on fait croire que les prostituées sont de simples travailleuses en utilisant leur sexe pour gagner de l’argent. Les gouvernements européens de Bruxelles tentent de doper la croissance en y intégrant les « secteurs » de la prostitution et de la drogue. Faire une valeur d’échange de la sphère intime, valeur d’usage. Cela est inédit. Ce qui est totalement contradictoire de plus entre ce statut avec des droits et le côté libéral (normalement sans aides de l’État). Si les prostituées vendent leur sexe, bien grand leur fasse dans leur coin (le C’est mon choix !), mais on ne vient pas réclamer des droits quand on a décidé d’être en marge. Si elles ont « choisi », il faut assumer et non capitaliser sur les deux plans. Ne veulent-elles pas des allocations de chômage par manque de clients ? Compte tenu de la biologie féminine, en plus de la dégradation quotidienne liée à un tel « travail », on comprend qu’à l’âge de la cinquantaine, la chair ne sera plus très fraîche. Ces revendications sont destinées à faire éclater toute socialité en confondant les femmes avec les prostituées, faire du sexe un instrument vendable et instituer la pornographie comme morale. Il y a une ruse symbolique derrière, faire du sexe une fonction quasi inutile aussi banale que de se curer le nez. Plus de troubles, supprimer les passions humaines, en faire une vague fonction. C’est dire d’ailleurs au passage si l’être humain ne parvient pas à régler ses passions qu’en les exterminant par l’usage et l’usure.

ob_c49563_url

XII/Le mariage

Le mariage permettait à beaucoup de monde d’avoir un partenaire, et d’élever les enfants dans des conditions stables. Le mariage n’est pas une preuve d’amour, mais c’est un contrat entre l’homme, la femme et l’État, pour être sûr qu’il soit respecté. Pourquoi ?

Le mariage, en tant qu’institution, tente de canaliser les forces érotiques et amoureuses au bénéfice de la société, du contrat social. Le mariage n’a rien en soi de spécifiquement bourgeois. Si, d’un côté, il joue le jeu de la nature pour assurer la descendance, il est, d’un autre côté, culturel, pour garantir l’éducation des enfants et instituer une généalogie. Et aussi pour inscrire et rappeler dans la mémoire des époux un engagement solennel. Sans lui, hommes et femmes iraient sans arrêt courir le guilledou avec le risque, étant donné la facilité et l’aveuglement des élans sexuels, de ruiner tout lien, de se moquer de l’éducation des enfants, de se retrouver seuls la vieillesse venue, et ainsi de ruiner toute idée de civilisation sur le long terme. Face à la fragilité d’une telle condition terrestre, le mariage tente d’assurer un contrepoids, d’agir comme un frein, bien mince en vérité.

L’homme a tout le temps envie de copuler. Ses chances d’avoir un enfant sont moindres, car la grossesse et l’accouchement ne dépendent pas de lui. Avant la contraception, les femmes risquaient de tomber enceintes. De fait. La nature n’avait pas prévu ce cas où la femme prendrait la pilule (avec tous les désagréments et les dangers inhérents) et peut copuler sans arrêt sans soucis. On ne vivait pas dans le temps présent. La femme était donc censée se marier jeune et vierge, offrir à l’homme ce qu’il désire (du sexe et des enfants qui seront les siens). Là encore, on constate l’ancrage physique et biologique d’où découlent les normes culturelles.

L’homme s’engage à protéger financièrement sa femme (et ses enfants), et à ne jamais la quitter, même quand elle ne sera plus désirable. Moyen de trouver une cohésion et une entraide face à la solitude et aux dures lois du réel avec le temps. S’il divorce (et a un salaire plus élevé), il doit payer des prestations compensatoires et autres allocations à son ex-femme. Car il n’a pas respecté le contrat et a utilisé celle-ci pour le sexe sans la protéger une fois que son désir pour elle s’est dissipé.

De nos jours, la femme est « libérée » sexuellement et quasi économiquement. Elle doit travailler et n’a plus vocation à se marier. Ce statut « indépendant » pose d’autres problèmes qu’il serait trop long d’étudier. Elle peut choisir son partenaire et n’a plus besoin de lui pour survivre ni élever son enfant. Si elle appartient à une classe élevée, elle ne prend pas un homme d’une classe inférieure à elle en général. Elle vise plus haut encore. Elle veut le bel homme. Problème : elles le veulent toutes. Une petite poignée de vainqueurs vont s’accoupler avec la majorité des femmes, mais ne pourront finalement n’en satisfaire qu’une (être en couple).

Cruel dilemme. La femme perd de sa capacité de séduction selon la baisse tendancielle du taux de séduction avec l’âge. Le temps compte double pour elle. Le mari a encore des potentialités même à cinquante ans, voire plus, surtout envers de jeunes femmes, concurrentes redoutables pour la femme mariée. Cette dernière peut tolérer une passade, rien de plus rien de moins, car elle sait que l’homme a encore cette capacité de séduire, surtout en vieillissant. Si elle est trop exigeante, elle risque de se retrouver seule.

Les femmes qui se mettent en couple tôt et restent avec le même homme subissent aussi une forme de pression sociale subtile (« Tu rates ta vie, amuse-toi ») d’autant si leurs copines étalent leurs multiples aventures sexuelles qui se soldent souvent par de la solitude et de l’aigreur, les places étant limitées, et le prétendant n’ayant pas la volonté d’être monogame.

L’homme marié qui trompe sa femme avec une femme plus désirable ne la quittera jamais pour sa maîtresse. Il est excité par la jeune, mais aime sa femme. Car il peut dissocier amour et désir. Quand une femme trompe son conjoint, elle n’a plus de désir pour lui et donc plus d’amour. 75% des divorces sont initiés par les femmes. Une rupture est souvent incroyablement plus douloureuse pour un homme. On estime que 60 % des suicides masculins surviennent suite à une rupture amoureuse.

Quand cette période touche à sa fin, les questions s’accumulent. Est-ce le bon ? Est-il prêt à s’engager contrairement aux précédents ? Possède-t-il les qualités pour du long terme (beta), tout en me faisant vibrer (alpha) ? Où cet alpha ne serait-il pas un peu béta ? La jeune femme comprend que si elle doit changer d’homme, c’est le moment, car trouver un partenaire intéressant sera, par la suite, beaucoup plus dur. Euphémisme. La demande étant très forte (ses nombreuses concurrentes) et les offres de plus en plus limitées (les hommes intéressants risquent d’être « casés »).

La « célibataire libérée », mais enchaînée à ses excuses, incapable de comprendre que ses meilleures années sont derrière elle et non devant, ne trouvera pas d’« homme » qui veuille s’engager. Dans sa « libération », elle a bêtement habitué les hommes intéressants à coucher à droite et à gauche ou a dédaigné ceux moins valorisés, mais plus valeureux. Mais là, le choix s’est drastiquement restreint dans l’entonnoir de la vie.

Ce même homme qu’elle aurait rejeté cinq ou dix ans plus tôt en gloussant, va subitement être le partenaire dont elle se contentera, par urgence et manque d’options. Mais elle n’aura pas de désir réel pour lui. Le sexe sera présent en début de relation, histoire que l’homme reste, puis une fois le prisonnier enchaîné (mariage, enfants), tout ça s’estompera progressivement. Elle est en réalité la veuve de tous les alphas précédents, qui l’ont tant fait vibrer (et surtout sauter) pendant des années et avec qui elle espérait une relation qu’elle n’aura finalement jamais obtenue.

La plupart des femmes n’auront pas ce qu’elles désirent, et finiront seules, dépressives, et frustrées avec trois chats se battant en duel dans un studio à quarante ans et un croque-monsieur décongelé dans le frigo, voire en côtoyant ses collègues féministes qui, après avoir maudit les hommes, se sont recyclées dans le lesbianisme l’âge venant ou le transgenrisme, faute de pouvoir attirer les hommes. C’est souvent aussi le cas des jeunes filles très peu gâtées par la nature. Plutôt que de faire des efforts sur elles, il est bien plus facile de prendre l’homme comme bouc émissaire pour avoir une proie à maudire, source, croit-elle, de tous ses maux.

ob_c49563_url

XIII/La violence

La différence physique explique encore ce problème. Contradiction notoire des féministes qui nient les différences sexuelles tout en se plaignant du viol. Si l’homme n’était pas si fort, la moindre femme lui enverrait son sac à main Chanel dans la figure et l’affaire serait réglée.

La violence est asymétrique. L’homme n’ayant pas accès aux jeunes femmes si facilement (sauf cas de l’homme connu ou beau, ce qui est assez rare), ils ont tendance à abuser de leur force, ce qui est là encore assez « logique ». La violence de l’homme est donc physique et frontale. La femme se plaint de la barbarie masculine à juste titre, mais oublie de dire que 79% des crimes concernent les hommes par d’autres hommes dans le monde entier. Comme ce sont les hommes les plus barbares à 95%, le calcul est vite fait : 16%.

 Chez la femme, elle est psychologique et oblique, ne pouvant pas rivaliser face à la force. Ses armes : la séduction et le charme érotique. Elles durent peu, mais permettent d’obtenir moult avantages sans bouger le petit doigt. La femme chouine beaucoup. Son arme de destruction massive : les larmes de crocodile pour empaqueter quiconque dans les brumes de la mauvaise foi.

La violence intervient en général par le fait que le territoire est menacé. Les conflits entre hommes et femmes tournent souvent autour de la jalousie. Les relations triangulaires. Un couple + un amant ou une maîtresse. La jalousie masculine est d’ordre sexuel principalement. On le sait : le père est toujours incertain, la mère est toujours certaine. Un homme risque non seulement de voir ses gènes supplanter par un rival, perdant ainsi le privilège de se reproduire, mais d’élever des enfants qui ne sont pas les siens. Son coût reproductif serait énorme. D’où ce qu’on appelle le « viol conjugal » ou de soupçons d’une relation adultérine. Comme les femmes prennent l’initiative du divorce, elles ont beaucoup plus de facilités à retrouver un partenaire si leur âge n’est pas trop avancé, alors que l’homme aura beaucoup plus de mal.

La jalousie féminine est d’ordre affectif. Une femme craint que son mari s’attache à une rivale, perdant ainsi partiellement ou totalement les ressources consacrées à sa protection et à celle de ses enfants, sans parler de son abandon. Cela explique pourquoi les femmes « tolèrent » une passade, mais guère une relation amoureuse. Leur plus grand danger est bien entendu la belle jeune femme qui peut lui subtiliser un mari socialement dominant. C’est dire que la compétition intrasexuelle est intense, surtout l’âge venant. N’oublions pas que si les hommes agressent physiquement les femmes, les femmes sont d’implacables cancanières envers les autres femmes, beaucoup plus porteuses de rumeurs et de fausses allégations.

Petite parenthèse : on parle du harcèlement des femmes par les hommes, affaire juste, mais connue. En revanche, on parle beaucoup moins du harcèlement des femmes par d’autres femmes[2], souvent d’une violence inouïe, mais feutrée. Soit par jalousie dans la compétition (séduction, apparence, âge, hommes ayant de bonnes ressources), soit pour un statut social envié. On entend souvent des femmes dire : « Les femmes sont des vipères ! » Bien sûr, on ne parle nullement de la violence symbolique des jeunes femmes, les traitant ici en victimes absolues alors qu’elles savent utiliser leur territoire invisible comme une arme : choix dans la séduction, injonction d’attirer et de mettre à distance les hommes pour les frustrer (les allumeuses), chantage à la victimisation, enfant dans le dos.

Ce sont donc les jeunes et jolies femmes des grands centres urbains qui se plaignent tant du soi-disant harcèlement de rue, tentant de congédier dans leur puritanisme des hommes populaires qui les draguent, étant donné qu’elles sont devenues par leur plastique érotique les avant-gardes de la société libérale, telle la jeune étudiante et mannequin de 20 ans, vivant à Amsterdam, Noa Jansma qui, en 2017, fit des selfies des hommes qui l’interpellaient dans la rue. Cela ne risque pas de s’arranger vu l’atomisation, la régression sociale, l’immigration massive (dumping social) adjointe à une hyperconcentration de la population et le délabrement culturel en cours.

IMG_2579

XIV/La femme libérée

Les hommes et les femmes ne se regardent plus les yeux dans les yeux, mais ont le nez dans leur portable, balayant d’une pichenette, soit à gauche, soit à droite, les prétendant(e)s telles des cartes à jouer. Monopoly du sexe. Courses au coït et au profit. Parfaitement adaptées à l’économie libidinale et libérale. Il est même risible de constater toutes ces images où tout un chacun « vend » ses charmes à travers des photos dans des postures non équivoques, notamment les femmes qui offrent leur plastique, se transformant en objets sexuels sans la main de l’homme. Perte du réel. Assomption du virtuel.

Les femmes ont maintenant le pouvoir de jouir sur tous les plans, en toute liberté, pendant une vingtaine d’années. Cette « liberté » se refermera sur elles d’une façon implacable. Pourquoi ? En ayant suivi cette mode, cette libéralisation plutôt que libération atomise le corps social, intensifie la rivalité entre hommes et femmes. Avec la pilule (et tous les risques qu’elle entraîne) et l’avortement banalisé, elles se rendent encore plus séduisantes, augmentant leur taux d’exigence en même temps qu’elles sont promotionnées par l’industrie marchande comme produits vendables.

Les femmes ont la capacité de raisonner logiquement, mais leurs émotions prennent trop souvent le dessus. Leur hormone sexuelle dominante, l’oestrogène, est la raison principale à cela. Le taux d’œstrogène d’une femme augmente fortement durant sa phase ovulatoire ce qui l’amène souvent à des changements d’humeurs et des contradictions inexplicables. Cette émotivité rend les femmes beaucoup plus manipulables que les hommes. Mentir et vendre du rêve à une femme fonctionne à merveille. Je dirais même que c’est la raison pour laquelle le pouvoir a donné le droit de vote aux jeunes hommes et jeunes femmes, en abaissant l’âge de 21 à 18 ans. Car ces deux catégories sont les plus manipulables, c’est-à-dire soumises à l’idéologie dominante pour véhiculer ce look si vendeur.

C’est pour quoi le pouvoir a changé de stratégie après la Seconde Guerre mondiale allant de pair avec l’avancée technologique et scientifique. Le libéralisme fait la promotion d’un idéal féminin émancipé, allégeant la femme de sa charge mentale et sociale, c’est-à-dire de son investissement parental maximum (Robert Trivers, 1972) de façon à les mettre en concurrence avec les hommes qui ne l’ont pas (investissement parental minimum), enrôlant dans ce sillage les autres femmes qui les imiteront à leur tour. En lui enlevant potentiellement cet investissement, on place la femme sexuellement au même niveau que l’homme sans lui retirer sa capacité séductrice prépondérante fort utile dans les publicités. À cette liberté sexuelle de synthèse offerte comme un morceau de gruyère dans un piège à rats, les femmes égalent non seulement l’homme sur le terrain sexuel alors qu’elles avaient le privilège aristocratique du choix dans la séduction, mais le dressent à épouser leur libido sans renoncer à ce même privilège du choix. Tous les deux ne sont plus éduqués pour devenir adultes, mais sont enfermés dans un esprit consumériste, égoïste et narcissique, comme devanture et propagande de la société libérale.

D’où le fait que ce féminisme libéral vise à « libérer » les jeunes femmes (bourgeoises ou non) modélisées comme icônes publicitaires par leur plastique érotique favorable à cet imaginaire (qui gardera les enfants de ces femmes sinon les femmes populaires ?), installant au fur et à mesure, comme l’avait vu le cinéaste Pasolini dès 1973, une tyrannie du plaisir et du ressenti à l’heure de la société de consommation. Il suffit de jeter un coup d’œil sur Instagram. Rappelons que Facebook et Apple proposaient à leurs salariées américaines de financer la congélation de leurs ovocytes pour leur permettre d’avoir des enfants plus tard ou à la carte. Conséquences, une natalité en chute libre. De 1950 à 2017, en France, elle est passée de 21,7 % à 9,8 %. En Asie, elle est passée de 55,4 % à 59,7 % et en Afrique de 9 % à 16 %. D’où l’ouverture des frontières et l’importation d’une main-d’œuvre étrangère à bas prix (immigration massive, annonce de futures explosions sociales) tout en pillant ou en créant des guerres dans les pays d’origine.

La « Révolution sexuelle » n’avait plus qu’à surgir pour bouleverser les mœurs et installer l’idéologie libérale-libertaire. La « libération » de la femme permet ainsi le renversement du patriarcat et la promotion de la working woman pour construire un capitalisme de la séduction (Michel Clouscard) qui prend son essor en Europe après la Seconde Guerre mondiale, destiné à gérer la société politiquement, économiquement et symboliquement par l’imaginaire féminin à tous les stades. Si ce féminisme est tant mis en avant, c’est que le libéralisme en a besoin au nom de l’Empire du Bien pour gérer la nouvelle civilisation qui advient. On peut dire que la société sera « féminisée », c’est-à-dire culturellement cool, pasteurisée allégée, etc., et vendue comme telle. Sécurisée et contrôlée. Inflation des sites Internet qui font la promotion des relations extraconjugales « pensées par des femmes » (des hommes-objets mis dans des caddies), des publicités, ou du phénomène « Lolita », aggravant la scission entre ancienne et nouvelle générations, brisant un peu plus le cercle familial et éducationnel et atomisant les rapports hommes-femmes.

Paradoxe du sexe récréatif : les jeunes femmes sont poussées à choisir un partenaire viril, puissant, un étalon qu’elles pensent être taillées pour leur donner du plaisir. Elles se retrouvent au final avec un individu ayant les conquêtes faciles, peu enclin à se soucier de leur désir (pas de nécessité de les revoir, il en trouvera facilement une autre), se masturbant en elles, potentiellement avec violence, leur faisant vivre une expérience douloureuse et blessante, éventuellement traumatisante, d’être réduite à un objet sexuel. Volonté de se débarrasser de toute humanité, c’est-à-dire avoir un peu de cœur et de considération ? L’ère numérique offre par les plates-formes de rencontres (Meetic ou Tinder qui est gratuit) le tremplin sexuel idéal de la chasse sexuelle, indexé sur la logique libérale d’atomisation ou de fragmentation des relations hommes-femmes (et de toutes les autres). La clef USB humaine. Emboîtement, décharge de semences, extraction. Comme elles couchent plus souvent, devenant permissives (mais pas avec n’importe qui), elles visent toujours des hommes mieux socialement investis qui, eux aussi, profitent d’elles pour « le coup d’un soir » sans rester en cas de la naissance d’un enfant.

Après l’expérience grisante du sexe récréatif, d’avoir même pu arbitrer entre plusieurs partenaires potentiels, tous animés de désir pour elle, après avoir eu le privilège du choix, le contrecoup pour les jeunes femmes est décevant. Le contexte moderne du sexe récréatif donne l’avantage compétitif à ce genre d’hommes, qui savent obtenir l’avantage auprès des femmes au moment de la séduction.

Comme on l’a dit, les femmes ont un rapport différent à l’investissement parental : un homme peut copuler à droite et à gauche sans conséquences pour lui. Mais une femme, en période d’ovulation a(vait) un risque important de tomber enceinte : augmentation importante du besoin énergétique, mobilité réduite, vulnérabilité accrue, etc., d’où un besoin général de faire partie d’un groupe social pour, en quelque sorte, socialiser la charge de la grossesse et de la maternité. Et aussi un intérêt de garder à proximité un homme fortement attaché à elle, en quelque sorte un garde du corps. Ce sont les sentiments qui assurent le plus efficacement cet attachement mutuel, même si le désir sexuel ne doit pas être négligé.

La « libération sexuelle » et la contraception bénéficient beaucoup plus aux hommes fortement copulateurs, et finalement assez peu aux femmes. La plupart d’entre elles ressentent dans leur vie le besoin d’avoir un enfant et finissent souvent par l’assouvir. Une femme de 20-30 ans est fortement désirable, et a un large choix de partenaires. Elle peut choisir un profil de mâle-compagnon (moins performant en séduction que le gros copulateur, et de ce fait plus enclin à s’investir dans la relation), voire de mâle-père. À 35-45 ans, son choix de partenaires est moindre selon la baisse tendancielle du taux de séduction, et elle risque de porter l’enfant d’un gros copulateur qui disparaîtra avant les épreuves de la grossesse et ne participera pas à prendre en charge l’éducation de l’enfant. Aussi lorsqu’une femme a passé ses années à pratiquer le sexe récréatif, rappelée à l’ordre par son horloge biologique, elle risque de connaître des difficultés accrues. Et élèvera seule son enfant.

Auparavant, les aventures extra-conjugales constituaient une « passade » pour l’homme marié. De nos jours, un homme bien en vue peut refaire sa vie avec une jeune employée d’autant que les femmes ont massivement investi le marché du travail, au détriment donc des femmes mariées avec enfant qui se retrouveront seules. Si la discrimination sexuelle a pu servir jadis à soutenir la monogamie, aujourd’hui, c’est le divorce qu’elle sert. Les jeunes femmes n’y songent pas, profitant de leur jeunesse, mais la légèreté des mœurs les menace sur le long terme, menace visant leur mari et l’investissement parental avec leur enfant. La concurrence devient rude, les nouvelles arrivantes toutes fraîches débarquent sur le marché encore plus séduisantes et excitantes.

Au final, la « libération sexuelle » est peu avantageuse : elle est structurellement favorable aux mâles copulateurs fortunés des grands centres villes, qui passent devant les mâles plus enclins au respect de leur partenaire, mais participent à traumatiser les femmes par cette « liberté » donnée. Les premiers « piratent » en quelque sorte les femmes les plus attractives qui les préfèrent pour assurer leur avenir. Ces dernières sont rendues indisponibles pour les autres mâles moins bien nantis et de plus en plus frustrés (et sources de violence) d’autant que leur beauté plastique est abondamment véhiculée par l’imagerie en vogue pour une promotion sociale ascendante. D’où sans doute les innombrables conflits de « harcèlements de rue » par des personnes d’une classe sociale inférieure.

Sauf que de manière générale, la libéralisation du marché sexo-matrimonial contribue à une baisse tendancielle du taux d’investissement des mâles dans les relations, à mesure que s’éloigne le mariage monogamique comme norme : les pères désertent le foyer. Si on peut dire que les violences conjugales peuvent baisser, puisque les individus sont moins tenus de rester ensemble, cause de la haine et de la violence dans le couple, le sexe-récréatif intensifie les « violences faites aux femmes » étant donné qu’elles sautillent d’un lit à l’autre, risquant de tomber un jour sur un charmeur pervers, n’étant plus protégées par un compagnon fixe.

De nos jours, partout où le féminisme s’installe, le célibat augmente, voire la solitude. La population la plus touchée est l’ensemble des hommes « bas de gamme », ne pouvant plus remplir les conditions hypergamiques de la femme moderne obsédée par son image et sa plastique sophistiquée. Le deuxième groupe victime est l’ensemble des femmes diplômées, souvent qualifiées de « célibataires exigeantes », étant intellectuellement et économiquement supérieures à la majorité des hommes et ne pouvant plus se satisfaire d’un homme « inférieur ».

Ce que l’on note de nos jours, c’est la dureté de la compétition intrasexuelle, la perte de la magie séductive pour une plate et froide anatomie pornographique. Mais cette volonté d’autonomie sous forme de liberté sexuelle, que j’appellerais atomisation plutôt, est aussi stupide que de croire qu’une anorexique (95% des anorexiques sont des femmes) a décidé librement de ne plus manger, détruisant en son sein les fondements anthropologiques de la sociabilité. Une subjectivité ne peut se construire que sur un fond préalable d’intersubjectivité et non sur une liberté individuelle pure. Intériorisation de l’anorexie existentielle en volonté individuelle. D’où le déplacement sémantique du terme travailleur (prolétariat) vers le sexuel, travailleuses du sexe, abolissant le mot prostitution. Cette logique d’usure des métiers ou du travail se retrouvera dans celle du sexe qui, en tant que signe, subira le même laminement et la même usure sociale (par son exhibition publique) que le travail comme monnaie d’échange, déplacement consécutif au développement de notre société par la tyrannie du plaisir.

On le remarque, le sexe est exhibé partout et tout le temps, mis au centre de toutes les attentions, ce qui est une volonté non dite de le tuer, de le rendre anatomiquement ennuyeux, occasionnant encore plus de violences puisqu’il ne peut être comblé. « Pour vivre heureux, vivons cachés » reste un adage sacré. Cette anorexie existentielle ne peut que favoriser la pléonexie (le désir de vouloir-plus sans cesse), le culte de la croissance lié à la technique, à la démesure et à l’illimitation, fantasme de complétude, l’hubris.

L’érotisme est la valeur d’usage de la sexualité tandis que la pornographie en est la valeur d’échange, comme si l’on s’obligeait, poussé par on ne sait quelle volonté froidement rationnelle, à aplatir la beauté de la sexualité humaine. Comme si tout ce qui était caché et s’exerçait dans les coins obscurs et mystérieux des chambres devait être déversé dans la sphère publique, du plus petit fantasme au martyr de son propre corps. Comme s’il fallait remplacer l’expérience intime et privée par le système d’exhibition qui prévaut de nos jours en une plate mécanique d’usine à piston. Course au profit et au coït dans l’accumulation mondiale des échanges. Traduction de la transparence des corps et des peaux, pornographie actuelle de la morale, ou pornographie comme morale du monde actuel. C’est dans tous les domaines que notre époque nous apprend que nous ne devons aucunement renoncer au droit à la jouissance (de ne renoncer à rien) alors que le renoncement est la condition sine qua non de l’humanisation. Cet état d’esprit est parfaitement adapté au monde actuel. Marché mondial, ennemi de l’érotisme, qui doit abattre la valeur d’usage de l’érotisme pour sa valeur d’échange pornographique comme tous les autres éléments de la production, processus qui ne peut aboutir qu’à la suppression du sexe, des sexes, des rapports entre les sexes dans un exhibitionnisme généralisé. Transformer son corps en clef USB, en petits piranhas déchiquetant ce qu’il y avait de beau et de troublant dans les corps à corps.

5a27acca3c6db04aae346b0919929

XV/L’inégalité salariale

La société patriarcale qui pousserait les patrons à renier de la main d’œuvre bon marché, au nom du sexisme, c’est un peu comme si des entreprises du bâtiment se privaient de prendre des clandestins au noir, par pur racisme. Quand la volonté d’accroître les bénéfices est prépondérante, les discriminations fondent comme neige au soleil.

Le chiffre relayé par les féministes serait que 20 à 30% d’inégalités salariales entre hommes et femmes bénéficierait aux premiers. Or, cet écart ne tient ni compte du temps de travail ni des primes ni du secteur d’activité ni du niveau hiérarchique. C’est une comparaison salariale pure et dure entre hommes et femmes.

Les rapports sur les inégalités salariales prennent en compte différents critères pour leur méthode de calcul (heures travaillées, poste occupé, ancienneté dans l’entreprise, etc.) Le constat est le même : plus il y a de critères utilisés, plus l’écart salarial se réduit. Quand tous les critères sont utilisés, on arrive à un écart de l’ordre de 5% sans parler des critères difficilement chiffrables, comme la productivité (deux salariés équivalents en poste, expérience ne sont pas forcément productifs de manière égale), ou même le simple fait d’avoir l’audace de demander une promotion.

Les femmes travaillent plus à temps partiel que les hommes. Or, les heures supplémentaires d’un temps plein sont majorées de 25% dès la première heure supplémentaire. Lors d’un temps partiel, elles ne sont majorées qu’au-delà de 10% de la durée de travail initialement prévue sur le contrat. 30 % des hommes touchent des primes liées à des contraintes de travail (risqué, pénible, de nuit, astreintes, etc.) contre 16 % des femmes. Ces primes sont plus fréquentes chez les ouvriers (à 79 % des hommes).

Un rapport du Crest nous démontre qu’une fois la productivité prise en compte, on tombe même à un écart salarial insignifiant de 2 à 3%[1]. Ce rapport conclue aussi à une productivité inférieure des femmes de l’ordre de 10%. Même constat pour une étude sur le travail en Belgique[2]  qui conclut que les femmes sont moins productives d’environ 8%. C’est le chiffre qui enterre toutes les spéculations sur les prétendues inégalités salariales injustifiées.

En 1960, les femmes composaient 43% des élèves à l’université contre 59% de nos jours. Tant pis pour les emplois de bureau, elles ne prendront jamais les métiers masculins, puisqu’il faut travailler dur. D’ailleurs où sont les féministes dans les métiers du bâtiment ou dans la plomberie ? Pour les entrepreneurs malins, vous pourrez même vous faire plaisir en facturant grassement ces dindes à l’approche de Noël lorsque leurs chaudières seront en panne. Elles paieront l’affreux chauffagiste machiste sans broncher, pour pouvoir continuer de prendre des douches de trente minutes et chauffer leurs appartements à 24°.

De plus, en France, notre retraite fonctionne sur un principe de répartition : les travailleurs actifs paient des cotisations pour les retraités. L’âge légal de la retraite recule ainsi logiquement au fur et à mesure que l’espérance de vie augmente. Hommes et femmes doivent cotiser le même nombre d’années pour obtenir leur retraite pleine. Sauf que l’espérance de vie moyenne des femmes est de 85 ans et celles des hommes de 78 ans. Les femmes touchent en moyenne 7 ans de retraite en plus que les hommes, tout en ayant cotisé le même nombre d’années. Notons que les femmes obtiennent des avantages du type majoration de trimestres ou une bonification du montant de leur retraite de base, exonérée d’impôt sur le revenu, selon le nombre d’enfants, etc.

XVI/Résultat des courses

Le temps passe vite et la jeunesse avec. L’instabilité et l’atomisation actuelles ne vont pas arranger les choses.

Cette montée en puissance de ce féminisme n’est pas là pour composer un destin commun avec les hommes, mais pour entrer en rivalité avec eux, pris comme modèle symbolique de la domination de façon à les imiter. Il était acceptable et logique que les hommes (mais lesquels ?) fassent davantage de place aux femmes, mais non que des femmes gèrent cette société au niveau des instances dirigeantes de la même façon que les hommes auparavant.

Ce qui risque d’arriver dans cette promotion féministe libérale est de voir certaines femmes prendre de plus en plus le contrôle de la politique et surtout de l’économie pour mettre au pas les récalcitrants. Le libéralisme pour perpétuer son économie a donc intérêt à propager cet imaginaire féminin falsifié, mais séducteur, histoire de refaçonner la libido masculine à l’image de la libido féminine. Si ce n’était pas vrai, le libéralisme supposé être patriarcal aurait balayé tous ces mouvements d’un coup de torchon au lieu d’abonder dans leur sens. Cette émancipation, cette liberté et cette égalité des pays riches sont même devenues des arguments commerciaux, permettant de les répandre aux autres Nations par cet amour d’autrui, injonction obligatoire et formatage culturel et symbolique.

Quelles conséquences ? Les femmes doivent accéder à une égalité économique et politique en s’amputant d’une partie du vivant ou de la nature pour imiter les hommes, pris comme modèles, qui, eux, n’ont pas ce souci de l’enfantement. Tout cela aboutira à une rivalité effrénée et à une concurrence infinie. Quel intérêt que de gommer une telle différence, c’est-à-dire une femme qui tente de ressembler à l’homme ? Pourquoi un tel projet ? Qui pourra se payer une telle évolution sinon les privilégiés pour poursuivre leur dominance ?  Car là, il s’agit d’une égalité basée sur un concept abstrait, artificiellement élaboré dans les laboratoires métaphysiques. Pour quelle société technocrato-scientifique dont les lobbies se frottent déjà les mains ? Qui va gérer ceci sinon la nouvelle bourgeoisie fluide et postmoderne au détriment des femmes (et hommes) populaires ? Qui fera les sales boulots ? Nouvelle lutte des classes entre humains et transhumains sous le règne éclairé de l’idéologie de la théorie du genre ou de la science, nouveau Dieu qui n’apparaît plus comme tel. Décidément, l’être humain ne parvient pas à se tenir dans sa nature et s’artificialise pour ne plus être humain.

Le phénomène n’arrive pas par hasard, survenant précisément au point où les femmes ont de moins en moins besoin des hommes pour subvenir à leurs besoins, ce qui n’était pas le cas auparavant. Elles devaient se mettre sous leur protection à cause de l’enfantement. La contraception et l’avortement les ont « libérées » virtuellement de cette charge. Bien sûr, il subsiste l’attraction des sexes, leur valorisation réciproque, mais c’est dans cette perspective que les hommes d’antan ont peu à peu perdu leur autorité, leur statut, leur rôle de père au fur et à mesure des années. Or, ceux-ci ne peuvent se passer des femmes, car elles constituent l’autre sexe, les attirant facilement tout en étant maîtresses de l’enfantement. De fait, me semble-t-il, ils vont se retrouver écartés, remodelés, ou féminisés comme c’est déjà le cas. De nos jours, les banques de sperme, la PMA, la GPA, l’ectogénèse, et la reproduction par les cellules souches vont régler le problème d’autant que les femmes (à travers elles le soft power féminin libéral) ont acquis une quasi autonomie financière. Il arrivera même où elles pourront se passer des hommes avec cette technologie et épouser leur concubine, déesses autoreproductrices de l’espèce. Mort de l’altérité. Dystopie en douceur.

Tout ce développement technologique sous le sceau du progrès et de la science n’est-il pas un paravent destiné à masquer les véritables enjeux qui se cachent derrière, c’est-à-dire une volonté de conquête du monde en installant un Empire du Bien tout en leurrant les populations avec une illusion d’amélioration perpétuelle et infinie à travers une métaphysique rationnelle qui n’aboutit qu’à installer la dominance d’une élite et à la perpétuer ? Le grand cinéaste Stanley Kubrick rappelait toutefois dans ses œuvres que plus l’être humain est rationnel et plus il est manipulé par l’irrationnel tel l’ordinateur Hal. En dernier ressort, il semblerait que l’espèce humaine, soit par l’idéologie, soit par la science, tente d’échapper à l’implacable loi du réel en se créant un monde de remplacement, mais dont la phase finale risque d’être semblable au chien errant qui hurle à la mort en ayant perdu son maître.

Yann Leloup

[1] http://s3.amazonaws.com/thf_media/2003/pdf/wm303.pdf

[2]http://webshare.law.ucla.edu/Faculty/bibs/stemple/Stemple-SexualVictimizationPerpetratedFinal.pdf

[3] http://www.crest.fr/ckfinder/userfiles/files/Pageperso/crepon/CreponDeniauPerezDuarte2002.pdf

[4] https://perso.uclouvain.be/vincent.vandenberghe/Papers/Gender_wage_discrimination_Labour.pdf

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s